Le budget de l'UE doit être réduit de « plusieurs centaines de milliards »
Les « frugaux » réclament des réductions radicales des dépenses et un gel des embauches au sein des institutions de l'UE
BERLIN – Six pays de l’UE partisans d’une politique budgétaire rigoureuse ont réitéré jeudi leur demande d’une réduction drastique du futur budget européen pour les sept prochaines années, alors que les gouvernements nationaux sont confrontés à un « assainissement budgétaire douloureux » sur le plan national.
Friedrich Merz, le chancelier allemand, a organisé un déjeuner en l’honneur des dirigeants du Danemark, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède, alors que les négociations sur le budget européen de 2 000 milliards d’euros proposé par la Commission européenne s’accélèrent à l’approche du sommet d’octobre.
S’adressant à la presse à l’issue de la réunion, le dirigeant allemand a déclaré que l’UE a besoin de « réalisme et de réformes », soulignant que le groupe des six représente environ 40 % du budget total de l’UE.
« Le CFP [cadre financier pluriannuel] évoluera pour répondre à nos priorités stratégiques, mais cela ne pourra se faire qu’à un rythme modéré », ont indiqué les dirigeants dans un communiqué, ajoutant que le budget doit être « réduit de plusieurs centaines de milliards d’euros ».
Face à la menace que représente la Russie, les pays de l’UE doivent donner la priorité à la sécurité et à la défense, a affirmé la Première ministre danoise, Mette Frederiksen.
« Le budget de l’UE pourrait être plus important qu’il ne l’est aujourd’hui, mais l’augmentation proposée actuellement est tout simplement trop élevée », a-t-elle déclaré, aux côtés de ses homologues finlandais, autrichien et allemand.
Les questions relatives au montant global du budget, à la destination des fonds et au mode de financement de cette enveloppe restent en suspens, alors que les dirigeants s’empressent de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année, avant un calendrier électoral chargé.
« Le CFP doit être modernisé et réformé tant au niveau de son architecture que de la manière dont il alloue les ressources », indique le communiqué, qui précise que des coupes sont nécessaires à tous les niveaux, car « pratiquement tous les États membres mènent actuellement un assainissement budgétaire douloureux ».
Le groupe a exclu tout nouvel emprunt commun et toute augmentation des effectifs de l’UE, mais le communiqué n’a notamment pas mentionné les « ressources propres » controversées, ni de nouvelles taxes – destinées à générer de nouvelles recettes afin de réduire le niveau des contributions nationales directes.
Les prélèvements proposés à l’échelle de l’UE, notamment une taxe sur les entreprises, les émissions de carbone et le tabac, comptent parmi les éléments les plus contestés des discussions budgétaires. De nombreux dirigeants se montrent profondément sceptiques à l’égard de ces taxes, qui nécessitent le soutien unanime des 27 capitales.
António Costa, le président du Conseil européen chargé de négocier l’accord budgétaire, continue de faire pression sur les dirigeants pour qu’ils s’accordent sur ces nouvelles taxes, qu’il considère comme une condition préalable à tout accord, alors qu’il poursuit sa tournée de rencontres en tête-à-tête à travers l’Europe.
À la fin de la semaine prochaine, les ministres chargés des affaires européennes au sein de l’Union devraient se réunir en Irlande pour une réunion informelle consacrée au budget.
L’Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE, devrait présenter un projet de budget actualisé d’ici la réunion des dirigeants de l’UE prévue mi-octobre.
Cet article a été mis à jour afin d’y inclure les déclarations faites lors de la conférence de presse.
(bw)