Les décès liés à la chaleur explosent en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne

Les autorités sanitaires préviennent que le nombre de victimes devrait encore augmenter en août et en septembre

EURACTIV.com
Des gens cherchent à se rafraîchir pendant une vague de chaleur qui fait grimper les températures jusqu'à 40 degrés sur la Piazza del Popolo à Rome, en Italie. [Massimo Valicchia/NurPhoto via Getty Images]

Les quatre plus grands pays d’Europe ont enregistré, à ce jour, plus de 25 000 décès probablement liés à la canicule en 2026, selon les dernières données compilées au niveau national.

Ces derniers mois, les températures estivales ont régulièrement dépassé les 35 °C dans toute l’Europe, et des vagues de chaleur record ont déclenché des alertes de santé publique et mis les systèmes de soins à rude épreuve. Les quatre pays les plus peuplés de l’UE – l’Allemagne , la France, l’Espagne et l’Italie – figurent parmi les plus touchés, chacun faisant état d’une forte augmentation des décès liés à la canicule.

Au total, les chiffres de ces pays s’élèvent à plus de 25 000 décès liés à la canicule.

L’Espagne a indiqué jeudi avoir enregistré près de 4 500 décès liés à la chaleur entre le 1er juin et le 19 août, soit le chiffre le plus élevé pour cette période depuis 2022, selon l’Institut de santé publique Carlos III. Ces chiffres ont été estimés par le Système de surveillance de la mortalité espagnol, qui suit quotidiennement la mortalité à l’échelle nationale et la compare aux tendances historiques.

Bien que ce système ne puisse pas confirmer un lien direct entre les décès et les températures élevées, il fournit l’estimation la plus fiable du nombre de décès pour lesquels la chaleur a probablement été un facteur déterminant.

L’Allemagne a été la plus durement touchée, avec environ 14 000 personnes décédées des suites de la chaleur extrême en 2026, a également indiqué jeudi l’Institut Robert Koch, un chiffre qui dépasse le nombre de décès enregistrés au cours de n’importe quelle année complète depuis 2016.

La France voisine suit avec plus de 7 300 décès excédentaires liés aux vagues de chaleur enregistrés depuis le début de l’année, a indiqué mercredi l’agence Santé publique France.

Le système national italien de surveillance de la canicule n’a communiqué que des indicateurs partiels en temps réel, plutôt qu’un bilan national consolidé des décès. Les dernières données montrent une hausse de 3 % de la mortalité chez les personnes de plus de 65 ans en juin.

« Nos données sont “en temps réel”, basées sur les données réelles qui nous sont communiquées par les communes », a déclaré Maria Rosaria Campitiello, responsable du département de prévention du ministère italien de la Santé, fin juin. Elle a ajouté qu’à ce moment-là, l’Italie n’avait pas de pics à signaler.

Cependant, l’épidémiologiste Fabrizio Pregliasco, directeur de la spécialisation en hygiène et médecine préventive à l’université de Milan, s’attend à ce que le nombre de décès liés à la canicule en Italie atteigne entre 5 000 et 8 000 d’ici la fin de la saison estivale.

« Si la tendance climatique actuelle devait se poursuivre jusqu’après la mi-août, nous pouvons émettre l’hypothèse d’un taux de surmortalité supérieur de 10 % à 20 % par rapport à l’été dernier », a-t-il indiqué à l’Ansa. En chiffres absolus, cela signifierait entre 1 500 et 3 000 décès supplémentaires par rapport à l’été 2025.

Les autorités sanitaires préviennent que le bilan risque de s’alourdir encore en août et en septembre, qui sont historiquement les mois les plus meurtriers.

(jp)