Espagne : les partis de gauche Sumar et Podemos condamnent une livraison présumée d’armes à Israël

Le parti de gauche Sumar et son ancien allié, le parti d’extrême gauche Podemos, ont fait pression sur le gouvernement Sánchez pour empêcher Madrid d’envoyer des armes à Israël à bord du navire « Borkum » qui devait accoster dans le port de Carthagène mercredi (15 mai).

EFE avec EURACTIV.com
Protest in support of the Palestinian people in Madrid
L’arrivée imminente du Borkum sur les côtes espagnoles a également été vivement critiquée cette semaine par l’ONG Red Solidaria contra la Ocupación de Palestina (Rescop), qui a dénoncé le fait que le navire transportait des armes vers le port israélien d’Ashdod. [[EPA-EFE/MARISCAL]]

Le parti de gauche Sumar et son ancien allié, le parti d’extrême gauche Podemos, ont fait pression sur le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez pour empêcher Madrid d’envoyer des armes offensives à Israël à bord du navire « Borkum » qui devait accoster dans le port de Carthagène (Murcie), dans le sud-est de l’Espagne, mercredi (15 mai).

Le cargo, qui bat pavillon d’Antigua-et-Barbuda mais appartient à l’Allemagne, pourrait transporter des armes pour soutenir l’offensive israélienne à Gaza, selon Irene Montero, la tête de liste de Podemos pour les élections européennes de juin, a rapporté EFE, partenaire d’Euractiv.

Le navire aurait pour destination finale « un port situé à 30 km de la bande de Gaza », a dénoncé Mme Montero mercredi.

L’arrivée imminente du Borkum sur les côtes espagnoles a également été vivement critiquée cette semaine par l’ONG Red Solidaria contra la Ocupación de Palestina (Rescop), qui a dénoncé le fait que le navire transportait des armes vers le port israélien d’Ashdod.

Podemos affirme que « les codes d’identification des conteneurs » transportés par le navire indiquent qu’il transporte « 20 tonnes de roquettes, 1 500 kilos de substances explosives, 12,5 tonnes de roquettes avec des charges explosives et 740 kilos de charges propulsives pour canons ».

Le parti radical de gauche, qui dispose de cinq sièges au parlement espagnol, souhaite que les autorités retiennent le navire dans le port de Carthagène et ne le laissent pas prendre la mer, afin qu’il puisse être inspecté de manière approfondie, a rapporté La Opinión de Murcia.

Respecter les décisions de la Cour internationale de justice

Sumar, membre du gouvernement de coalition de l’Espagne avec le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE/S&D) de Pedro Sánchez, et son ancien allié, le parti d’extrême gauche Podemos, ont toujours clairement exprimé leur point de vue très critique sur l’offensive israélienne à Gaza, lancée après les attaques terroristes du Hamas contre des civils israéliens en octobre dernier.

Sumar s’est joint à la réclamation de Podemos et a déposé jeudi sa propre plainte auprès du Bureau du procureur général.

« La cargaison [du Borkum] correspond à du matériel militaire et sa destination finale, après les arrêts prévus pour le ravitaillement en carburant, le chargement et le déchargement, est un port de l’État d’Israël », peut-on lire dans la plainte déposée par Sumar, qui dispose de 31 sièges au parlement espagnol.

Selon des sources du parti progressiste, la plainte vise à empêcher « la perpétration répétée de graves violations du droit humanitaire international » qu’Israël aurait commises.

Dans sa plainte, le parti de gauche fait référence aux décisions de la Cour internationale de justice qui exhorte Israël et la communauté internationale à prendre « toutes les mesures raisonnables en leur pouvoir pour prévenir le génocide ».

Mme Montero et son ancienne collègue de Podemos et actuelle dirigeante de Sumar, la vice-première ministre espagnole Yolanda Díaz, ont toutes deux qualifié à plusieurs reprises les actions d’Israël à Gaza de « génocide », ce qui a entraîné une rupture diplomatique entre le gouvernement espagnol et Tel-Aviv.

Malgré le ton adopté par Sumar et Podemos, des sources au sein du gouvernement espagnol ont confié à EFE que le navire n’était pas en route pour Israël, assurant que tous ses documents étaient en règle et qu’il avait été autorisé par les autorités portuaires espagnoles à accoster dans le port de Carthagène.

Podemos qualifie Israël d’État génocidaire

Des sources du ministère espagnol des Transports affirment également que la cargaison est destinée à l’Italie, où le matériel serait déchargé, puis transporté par la route jusqu’à la République tchèque.

Podemos insiste toutefois pour que le navire soit minutieusement inspecté « afin que l’on puisse déterminer comment il est possible que les autorités espagnoles aient autorisé le transit d’un navire avec du matériel militaire qui serait utilisé dans un génocide », selon Mme Montero, ancienne ministre de l’Égalité du précédent gouvernement Pedro Sánchez, qui a fait l’objet de controverses.

Depuis le début de l’offensive militaire israélienne à Gaza, Podemos a appelé à plusieurs reprises le gouvernement espagnol à rompre ses relations diplomatiques avec Israël.

Les autorités sanitaires palestiniennes affirment que l’offensive militaire israélienne à Gaza a tué plus de 35  000 personnes, pour la plupart des civils.

Selon les médias espagnols, l’Espagne, l’Irlande et d’autres partenaires de l’UE reconnaîtront vraisemblablement l’existence d’un État palestinien le 21 mai.