Espagne : un audit ne trouve aucune preuve de financement illégal du parti socialiste au pouvoir
Un audit externe commandé par le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE) n’a mis au jour aucun élément attestant d’un financement illégal ou de fonds dissimulés au sein du parti, selon un document consulté par la chaîne publique RTVE.
Le Premier ministre Pedro Sánchez avait annoncé en juillet le lancement de cet audit indépendant, portant sur la structure financière du PSOE entre 2017 et 2024. Cette décision faisait suite à la fuite d’un rapport de police aux conclusions explosives, évoquant un vaste système de pots-de-vin liés à l’attribution de contrats publics et impliquant le secrétaire à l’organisation du parti, Santos Cerdán.
Le prédécesseur de Santos Cerdán, l’ancien ministre José Luis Ábalos, et son assistant Koldo García sont actuellement en détention provisoire pour leur implication présumée dans ce même système.
Après examen des paiements en espèces effectués par le parti et de la gestion de ses liquidités, les auditeurs concluent que les opérations financières analysées sont « cohérentes, clôturées et vérifiables ». Le rapport, vu par la RTVE, relève toutefois certaines dépenses jugées « frappantes », notamment des paiements dans des restaurants et des hôtels, sans pour autant y voir d’irrégularités pénales.
L’enquête très médiatisée sur l’« affaire Koldo » a placé l’organe exécutif du PSOE sous les feux de la rampe. Pedro Sánchez a rejeté à plusieurs reprises les accusations de corruption structurelle au sein de son parti, les qualifiant de « cas isolés de corruption ».
Parallèlement, la Cour nationale espagnole et la Cour suprême ont ouvert en décembre une enquête distincte, placée sous le sceau du secret, portant sur un possible financement irrégulier du PSOE. Les magistrats soupçonnent José Luis Ábalos et Koldo García d’avoir blanchi de l’argent provenant de commissions illégales via les finances du parti.
Mardi 30 décembre, le ministre de la Transformation numérique, Óscar López, a tenu à écarter toute comparaison avec l’affaire Gürtel — un vaste scandale de corruption qui avait éclaboussé le Parti populaire (PP) et conduit à la chute du Premier ministre conservateur Mariano Rajoy en 2018.