Grèce : le Parquet européen enquête sur un contrat lié à la tragédie ferroviaire

Le Parquet européen a ouvert une enquête sur un contrat concernant la mise à niveau du système de signalisation des trains et le contrôle à distance. S’il avait été fonctionnel, ce système aurait pu empêcher l’accident ferroviaire qui a eu lieu mardi, causant la mort de plus de 50 personnes.

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Laura Codruța Kövesi, procureure en chef du Parquet européen (EPPO) depuis le 31 octobre 2019. [SHUTTERSTOCK/Alexandros Michailidis]

Le Parquet européen (EPPO) a ouvert une enquête sur un contrat concernant la mise à niveau du système de signalisation des trains et le contrôle à distance. S’il avait été fonctionnel, ce système aurait pu empêcher l’accident ferroviaire qui a eu lieu ce mardi (28 février), causant la mort de plus de 50 personnes.

« Je peux confirmer qu’une enquête du Parquet européen est effectivement en cours, laquelle porte exclusivement sur les éventuels préjudices portés aux intérêts financiers de l’UE », a confié un porte-parole du Parquet européen à EURACTIV, confirmant un précédent rapport du journal grec Documento.

Le porte-parole n’a fourni aucun détail concernant les investigations en cours afin de ne pas influencer leur issue.

Le contrat « 717 » a été signé en 2014 et portait sur la reconstruction et la mise à niveau du système de signalisation ainsi que le contrôle à distance de la ligne de chemin de fer reliant Athènes, Thessalonique et Promachonas.

Selon Documento, il a été cédé à la coentreprise réunissant TOMI (filiale du groupe Aktor) et la multinationale française Alstom.

Cependant, l’une des sociétés n’a pas fourni les certificats nécessaires et ceci, en plus du manque de capacités techniques, a entraîné de sérieux retards dans la mise en œuvre du projet.

EURACTIV a été informé que, de son côté, Alstom disposait de tous les certificats nécessaires et a pu passer à la mise en œuvre de sa partie du projet.

Selon Documento, les autorités grecques ont soumis le dossier à la Cour des comptes en 2017, qui a ensuite validé un contrat supplémentaire en août 2018.

Bien qu’il ait été approuvé par la Cour des comptes afin que le système de signalisation puisse être mis en œuvre et que la société Alstom ait cosigné les études en juillet 2019, ce contrat n’a été signé par le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis que deux ans plus tard.

Par conséquent, le système de signalisation et de surveillance n’a pas encore été mis en place, et les travaux devraient prendre encore un an environ.

En attendant, les chemins de fer grecs sont toujours exploités manuellement.

La jeunesse grecque en colère

Depuis jeudi, des milliers de jeunes Grecs descendent dans la rue pour protester et demander que toute la lumière soit faite sur l’accident.

Le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis a attribué les causes de l’accident à une « erreur humaine » et son gouvernement a mis en place un « comité d’enquête » composé de spécialistes pour clarifier les circonstances de la tragédie et déterminer les responsabilités. Actuellement, les autorités ne savent pas combien de passagers se trouvaient dans le train.

Le principal parti d’opposition du pays, Syriza, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que l’un des membres du comité, Athanasios Ziliaskopoulos, ancien directeur général des chemins de fer grecs entre 2010 et 2015, est responsable du déclin des chemins de fer grecs.

L’opposition a déclaré que lorsque M. Ziliaskopoulos était directeur général, les effectifs des chemins de fer ont été considérablement réduits et un centre de contrôle à distance financé par l’Union européenne a été fermé.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]