L’Union fait pression sur la Turquie sur la zone économique chypriote
Nikos Anastasiades, le président de Chypre, a convaincu le Conseil d’organiser une « réunion des dirigeants » avec le président Recep Tayyip Erdoğan à condition que la Turquie mette fin aux « violations » dans la zone économique de Chypre.
Nikos Anastasiades, le président de Chypre, a convaincu le Conseil d’organiser une « réunion des dirigeants » avec le président Recep Tayyip Erdoğan à condition que la Turquie mette fin aux « violations » dans la zone économique de Chypre.
Bien qu’il s’agisse d’un sommet informel à 27, le président chypriote Nikos Anastasiades devrait en profiter pour informer les dirigeants européens des activités militaires des forces navales turques visant à décourager Chypre de mener des activités d’exploration gazière au large des côtes.
« Ce soir, le président [chypriote] Nikos Anastasiades et le Premier ministre [grec] Alexis Tsipras nous ont informés de l’évolution récente en ce qui concerne les violations de la zone économique exclusive chypriote par la Turquie dans la Méditerranée orientale et dans la mer Égée, a déclaré Donald Tusk, le président du Conseil, après le sommet. « Au nom de tous les dirigeants européens, je voudrais exprimer notre solidarité avec Chypre et la Grèce et appeler instamment la Turquie à mettre un terme à ces activités. Je réitère le soutien au droit souverain de la République de Chypre d’explorer et d’exploiter ses ressources nationales conformément au droit international de l’UE, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer ».
« Les agissements de la Turquie vont à l’encontre de ses engagements à entretenir des relations de bon voisinage et de la normalisation de ses relations avec tous les États membres. Nous sommes prêts à coopérer avec la Turquie et nous évaluerons lors de notre Conseil européen de mars si les conditions sont réunies pour organiser la réunion des dirigeants avec la Turquie à Varna le 26 mars », a-t-il ajouté.
Le sommet européen se tiendra les 22 et 23 mars, soit seulement quelques jours avant la réunion entre Recep Tayyip Erdoğan, Donald Tusk, Jean-Claude Juncker et Boyko Borissov, le Premier ministre bulgare, à Varna, une ville en Bulgarie située au bord de la mer Noire.
Le sommet a été organisé suite au lobbying intense de Boyko Borissov, qui compte sur la Turquie pour mettre en œuvre l’accord conclu avec l’UE pour empêcher les migrants de se rendre sur les îles grecques depuis le territoire turc.
La Turquie a quant à elle une kyrielle de demandes : plus d’argent pour l’accord sur les migrants, une libéralisation des visas et des avancées dans les négociations de son adhésion.