Européennes 2024 : comment se dérouleront les négociations pour les « top jobs » de l’UE ?

Après les élections européennes, les dirigeants de l’UE devraient commencer dès lundi (10 juin) des discussions informelles sur la répartition des quatre principaux postes de l’Union européenne. Voici ce qui nous attend au cours de la semaine à venir.

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Consilium EU Elections 2024
Avant la fin de son mandat, le président du Conseil européen, Charles Michel, doit orchestrer les discussions entre les dirigeants de l’UE sur la nouvelle équipe de direction : la Commission européenne, le Conseil européen et le Parlement européen, ainsi que sur le poste de chef de la diplomatie de l’UE. [Esther Snippe/Euractiv]

Les élections européennes terminées, les dirigeants de l’UE devraient entamer dès ce lundi (10 juin) des discussions informelles sur la répartition des quatre « top jobs » de l’Union européenne, les principaux postes à responsabilité au sein des institutions. Voici ce qui est au menu de la semaine à venir.

Avant la fin de son mandat, le président du Conseil européen, Charles Michel, devra orchestrer les discussions entre les chefs d’État et de gouvernement de l’Union sur les postes de président de la Commission européenne (actuellement occupé par Ursula von der Leyen), du Conseil européen et du Parlement européen (Roberta Metsola), ainsi que sur le poste de Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité (Josep Borrell).

« Je ne suis pas le seul à penser que ce ne sera pas facile », a-t-il reconnu la semaine dernière, en référence aux prochaines négociations pour l’octroi des postes à responsabilité.

La semaine dernière, il a déjà commencé à organiser les consultations informelles avec les dirigeants européens pour prendre la température dans les capitales.

Compte tenu du nouveau paysage politique qui se dessine après les élections européennes et du nouvel équilibre des pouvoirs en Europe résultant de la guerre en Ukraine, le défi consistera à trouver un équilibre entre les partis politiques, les zones géographiques et les sexes parmi les candidats à ces postes de haut niveau.

Les top jobs de l’UE devront être répartis entre les trois partis qui ont obtenu le plus de voix lors des élections européennes, à savoir le Parti populaire européenne (PPE) de centre droit, les Socialistes et Démocrates européens (S&D) et les libéraux Renew. Toutefois, la montée de l’extrême droite pourrait compliquer cette répartition.

Charles Michel a souligné la nécessité pour les dirigeants européens de « prendre une décision avant la fin du mois de juin », afin que le Parlement européen puisse confirmer ce choix en juillet.

Une semaine de sommet

Avant la réunion informelle des dirigeants européens à Bruxelles, lundi (17 juin), ils auront de nombreuses occasions de discuter de la question.

Le premier rendez-vous sera le sommet B9 en Lettonie, qui aura lieu mardi (11 juin), et où les dirigeants de bulgare, tchèque, Hongrie, letton, lituanien, polonais, roumain, slovaque et estonien se réuniront pour discuter de la sécurité sur le flanc est. En parallèle, ils devraient également évoquer de manière informelle les discussions sur les postes à responsabilité de l’UE.

Le grand rendez-vous est toutefois fixé à la semaine, avec le sommet du G7 en Italie, où Charles Michel aura pour la première fois l’occasion de s’entretenir avec les trois grands pays de l’UE : France, Allemagne et Italie.

Certains dirigeants européens ont déjà apporté leur soutien à la présidente sortante de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour reprendre la tête de l’exécutif de l’UE tandis que d’autres ne se sont pas exprimés sur la question.

Le président Emmanuel Macron, qui avait soutenu Mme von der Leyen en 2019, envisagerait la nomination du technocrate italien Mario Draghi pour le poste.

Le chancelier allemand Olaf Scholz et son Parti social-démocrate (SPD) ont averti qu’ils pourraient s’opposer au deuxième mandat de Mme von der Leyen si cette dernière continuait à se rapprocher de l’extrême droite et la Première ministre italienne Giorgia Meloni. L’Italienne, quant à elle, n’a pas encore dévoilé ses intentions.

« Le fait de les réunir tous les trois dans la même pièce à un stade aussi précoce du processus pourrait contribuer à orienter les discussions ultérieures et à examiner certaines des lignes rouges entre Paris, Berlin et Rome », a déclaré une source proche du dossier.

Dans une certaine mesure, plus tard dans le week-end, un groupe de dirigeants de l’UE devrait organisera aussi des discussions en marge de la conférence de paix sur l’Ukraine qui se tiendra en Suisse.

Dîner de travail

Le dîner informel du 17 juin sera la première occasion officielle pour les 27 dirigeants européens de discuter du résultat des élections européennes et de ses conséquences.

Il préparera également le terrain pour le sommet officiel de l’UE des 27 et 28 juin, qui, selon le calendrier actuel, devrait déboucher sur une décision concernant les top jobs.

Le nom du président ou de la présidente désigné.e de la Commission européenne devrait être transmis au Parlement européen d’ici le 11 juillet, afin que le ou la candidat.e puisse être approuvé.e lors de la première session plénière des eurodéputés, qui se tiendra du 16 au 18 juillet.

Les discussions de lundi prochain se veulent informelles et politiques, dirigées et structurées par Charles Michel, ont indiqué des personnes au fait de la question.

Avant cela, les dirigeants européens tiendront des réunions internes au sein de leurs partis politiques afin de discuter de leur stratégie pour les postes importants au sein des institutions de l’UE.

« Si vous voulez tuer un candidat, vous l’annoncez à l’avance — si vous le nommez, vous le brûlez », a expliqué un expert du processus de nomination à Euractiv.

« Dans ce sens, ne vous attendez pas à ce que des noms soient approuvés lors du dîner informel ou dans les jours qui suivent, mais seulement bien plus près du sommet sur les hauts postes de l’UE qui aura lieu plus tard ce mois-ci », a-t-il conclu.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]