Européennes 2024 : Giorgia Meloni, future reine de la droite au Parlement européen ?

Alors que les partis de droite européens progressent dans les sondages, Giorgia Meloni tente de s’imposer comme la faiseuse de reines dans la formation du prochain Parlement et de la Commission européenne avec le slogan de campagne « L’Italie change l’Europe ».

EURACIV Italie
This article is part of our special report "Tour d’horizon des capitales à l’approche des élections européennes"
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Selon les derniers sondages d’Europe Elects, le parti Fratelli d’Italia (CRE) de Giorgia Meloni se positionne en tête — comme plusieurs partis d’extrême droite à travers l’Union européenne — avec 27 % des intentions de vote, dépassant de 6 % le Parti démocrate (S&D) d’Elly Schlein. [EPA-EFE/Riccardo Antimiani]

Alors que les partis de droite européens progressent dans les sondages, Giorgia Meloni tente de s’imposer comme la faiseuse de reines et de rois dans la formation du prochain Parlement et de la Commission européenne avec comme slogan de campagne « L’Italie change l’Europe ». Cependant, des divisions internes pourraient compromettre ses ambitions.

Selon les derniers sondages d’Europe Elects, le parti Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens, CRE) de Giorgia Meloni se positionne en tête — comme plusieurs partis d’extrême droite à travers l’Union européenne — avec 27 % des intentions de vote, dépassant de 6 % le Parti démocrate (Socialistes et Démocrates européens, S&D) d’Elly Schlein.

Quant aux autres partis italiens comme le Mouvement 5 étoiles (M5S), autrefois anti-establishment, dirigé par l’ancien Premier ministre Giuseppe Conte, il se classe troisième avec 16 % des intentions de vote. Bien qu’il n’appartienne actuellement à aucun groupe du Parlement européen, des rumeurs indiquent qu’il pourrait former un nouveau groupe avec le parti allemand Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW), qui veut former son propre groupe au sein de l’hémicyle européen.

Les deux autres partis de gouvernement, Forza Italia (Parti populaire européen, PPE) du vice-premier ministre Antonio Tajani et la Lega (Identité et Démocratie, ID) du vice-premier ministre Matteo Salvini, sont quant à eux au coude-à-coude avec 9 % des intentions de vote chacun.

Dépassant à peine le seuil des 4 %, on retrouve les listes européennes distinctes de l’Azione de Carlo Calenda et de l’Italia Viva de l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, qui, malgré les tentatives antérieures de leurs dirigeants d’unir les deux partis sous une seule liste, menacent la représentation de l’Italie au sein du groupe européen Renew.

Giorgia Meloni, « faiseuse de rois » ?

À droite de l’échiquier politique, Mme Meloni et son parti semblent s’imposer comme les principaux acteurs, les sondages annonçant un succès sans précédent pour les groupes de droite.

Toutefois, la Première ministre se trouve dans une position délicate, étant sollicitée à la fois par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (CDU allemande, PPE), et par Marine Le Pen du Rassemblement national (RN). Or, ces deux camps ont déjà rejeté la possibilité de collaborer ensemble au niveau de l’UE après les élections européennes de juin.

Outre le fait que l’appel de Mme Meloni en faveur d’un rapprochement avec la droite a récemment reçu le soutien de Mme Le Pen, elle a aussi fermement refusé toute alliance avec le centre gauche lors d’une récente interview accordée à Skuola.net.

Sa position de « faiseuse de rois et de reines » pourrait changer radicalement les alliances au sein du Parlement européen.

Par exemple, alors que Mme von der Leyen envisage une possible alliance avec Mme Meloni, la gauche et certains alliés de Mme von der Leyen ont déclaré qu’ils s’opposeraient à sa réelection si elle formait une alliance avec la Première ministre italienne.

Giorgia Meloni a également été repoussée par ses alliés d’extrême droite, y compris au sein de son propre groupe CRE, le parti espagnol d’extrême droite Vox ayant refusé tout soutien à Ursula von der Leyen.

Le défi du vote préférentiel

Dans le même temps, le système de vote préférentiel italien pourrait finir par être un handicap pour certains candidats en lice. En effet, celui-ci oblige souvent les collègues des partis à se présenter les uns contre les autres pour obtenir un siège au Parlement européen et ainsi se concentrer sur leur électorat plutôt que de tenter de convaincre les électeurs indécis

En conséquence, les partis choisissent des candidats stratégiques pour mobiliser l’électorat et adaptent les thèmes de campagne pour trouver un écho auprès de leurs principaux partisans, ce qui signifie qu’il n’existe souvent pas de véritable stratégie nationale.

Alors que les partis d’opposition divergent sur l’orientation de leur campagne, le Parti démocratique d’Elly Schlein plaide pour une Europe plus sociale et plus intégrée, l’alliance entre le Mouvement 5 étoiles et l’Alliance des Verts et de la Gauche milite la paix.

Cependant, le gouvernement italien étant formé par trois partis issus de différents groupes du Parlement européen, les priorités varient à nouveau.

Si Fratelli d’Italia plaide en faveur d’un gouvernement plus fort et d’un renforcement de la gouvernance au niveau de l’UE avec le slogan « L’Italie change l’Europe », la campagne de Forza Italia (PPE) d’Antonio Tajani se focalise sur la défense européenne. La Lega, comme de nombreux partis du groupe Identité et Démocratie (ID) du Parlement européen, axe sa campagne sur des thèmes anti-européens, pour attirer les électeurs déçus par l’UE.