Européennes 2024 : les Conservateurs et Réformistes européens ont adopté leur manifeste, mais n’ont toujours pas de tête de liste
Le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens a approuvé plus tôt cette semaine son manifeste pour les Européennes, sans toutefois parvenir à se mettre d’accord sur une tête de liste.
Après certains contretemps, le Parti des Conservateurs et Réformistes européens (Parti CRE) a finalement approuvé mardi (23 avril) son manifeste pour les élections européennes, sans toutefois parvenir à se mettre d’accord sur un Spitzenkandidat (candidat tête de liste), en raison de divergences au sein du parti.
À l’exception d’Identité et Démocratie (ID), autre parti d’extrême droite, tous les principaux partis politiques européens ont déjà présenté leur programme pour les cinq années à venir.
Contrairement aux autres partis qui ont annoncé publiquement leurs têtes de liste et présenté leurs manifestes lors de grands rassemblements, les conservateurs a adopté leur manifeste à huis clos.
Si certains se sont portés garants de l’élection d’un représentant de campagne pour affronter les adversaires des autres partis, une majorité a préféré garder ses distances du système du Spitzenkandidat.
Dans un entretien récemment accordé à Euractiv, Nicola Procaccini, co-président du parti CRE et bras droit de la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Bruxelles, a déclaré qu’il était favorable à la nomination d’une tête de liste, espérant que cela permettrait au parti d’avoir une voix cohérente durant la campagne.
Il a toutefois souligné que son parti ne considérait pas le système du Spitzenkandidat comme légitime, car il n’est pas repris dans les traités de l’UE.
Selon M. Procaccini, la désignation d’une tête derrière laquelle se rallier sert à être clair sur son programme, sa vision et ses objectifs.
Jan Zahradil, eurodéputé tchèque et Spitzenkandidat du parti CRE lors des élections de 2019, a soutenu que le processus n’en valait pas la peine, arguant que le temps et la capacité de lancer une véritable campagne européenne sont limités, car les candidats doivent se concentrer sur les débats nationaux. Comme M. Procaccini, il rejette également ce processus puisqu’il n’est pas inscrit dans les traités de l’UE.
Un personne proche du parti CRE a également souligné que cette décision avait été prise en raison des désaccords sur le choix du candidat et à l’opposition ferme du parti polonais Droit et Justice (PiS).
Quant au manifeste, il comprend des points clés de la campagne similaires à tous les partis politiques, tels que la compétitivité, le soutien à l’Ukraine, le renforcement des efforts de défense, la réduction de la charge administrative et le soutien aux agriculteurs.
Bien qu’il partage certaines priorités générales avec d’autres partis européens, en particulier le Parti populaire européen (PPE) de centre droit et l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), le CRE reste attaché à son programme « souverainiste », s’engageant à limiter le pouvoir de Bruxelles par rapport aux États membres.
« Nous pensons que l’UE doit faire moins mais mieux. Nous rejetterons toute centralisation inutile du pouvoir à Bruxelles, car les décisions doivent être prises le plus près possible des citoyens », peut-on lire dans le manifeste.
Le système de Spitzenkandidat permet aux partis européens de présenter un candidat tête de liste qui serait également candidat à la présidence de la Commission européenne. Le candidat du parti ayant obtenu le plus de voix peut ensuite prétendre à ce poste, mais doit être confirmé par le Parlement européen.
Ce système a été remis en question dans son ensemble après les élections de 2019, lorsque les États membres ont préféré proposer Ursula von der Leyen, une « outsideuse« , au vote des eurodéputés, plutôt que la tête de liste du parti ayant obtenu le plus de voix.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]