Européennes : le trio de tête de la liste RN confirme l'accent anti-immigration de la campagne

Le Rassemblement national (RN) a annoncé dimanche (24 mars) le ralliement de celle qui sera 2e sur sa liste pour les élections européennes : Malika Sorel-Sutter. Avec cette nouvelle pioche, le parti à la flamme confirme le virage résolument anti-immigration de sa campagne et sa capacité d'attraction d'anciens soutiens à Les républicains.

Euractiv France
Capture d’écran 2024-03-24 à 18.18.27 (1)
Malika Sorel-Sutter, candidate aux élections européennes du Rassemblement national, 24 mars 2023.

Le Rassemblement national (RN) a annoncé dimanche (24 mars) le ralliement de celle qui sera 2e sur sa liste pour les élections européennes : Malika Sorel-Sutter. Avec cette nouvelle pioche, le parti à la flamme confirme le virage résolument anti-immigration de sa campagne et sa capacité d’attraction d’anciens soutiens à Les républicains. 

« Rejoindre le RN […] me permet de participer à la recomposition française. Il est temps de prendre des décisions politiques responsables pour favoriser l’assimilation et renforcer notre cohésion nationale », a déclaré Malika Sorel-Sutter dimanche (24 mars), au moment d’annoncer son ralliement à la liste du RN pour les élections européennes des 6 et 9 juin prochain.

Avec Mme Sorel-Sutter en 2e position sur la liste, le trio de tête du RN est désormais au complet, composé de Jordan Bardella (1re position) et Fabrice Leggeri (3e position).

Par la même, le parti en tête des sondages montre la prédominance de la question de l’immigration dans sa campagne — M. Bardella répétant à qui veut l’entendre que son parti et son groupe, Identité et démocratie (ID), s’opposeront au Pacte asile et migration de l’UE.

Selon Mme Sorel-Sutter, l’immigration est une « question existentielle », alors que les institutions européennes inviteraient à « se soumettre » face aux immigrés, écrivait-elle sur son blog fin 2023.

Elle est d’ailleurs connue pour avoir été membre du Haut-Conseil à l’intégration, instance consultative sur la politique d’intégration des étrangers en France et sur la laïcité dissoute fin 2012, et pour ses essais et ses positions fermes contre l’immigration.

De son côté, M. Leggeri a été directeur (2015-2022) de Frontex, l’agence européenne des gardes-côtes et des gardes-frontières de l’UE.

« Je rejoins la liste de Jordan Bardella car je souhaite que la France et l’Europe reprennent le contrôle de leurs frontières. Frontex a été dévoyée par la Commission européenne, il faut lui rendre son rôle de gardes-frontières », avait-t-il déclaré au lendemain de l’annonce de son soutien au RN, mi-février.

Et un, et deux, et trois… et quatre anciens LR 

Avec Mme Sorel-Sutter, le parti à la flamme montre ainsi de plus en plus sa capacité d’attraction de personnalités traditionnellement plus proche de la droite modérée de Les républicains (LR).

Le ralliement de celle qui fut conseillère du candidat LR aux élections présidentielles de 2017 et Premier ministre de Nicolas Sarkozy, François Fillon, suit de près celui annoncé début mars d’Alexandre Varaut, ancien député européen et membre de l’Union pour un mouvement populaire (UMP, ancêtre des LR). Il figurera, lui aussi, sur la liste du RN pour les élections.

En 2019 déjà, lors de la précédente campagne pour les élections européennes, Jean-Paul Garraud, ancien député UMP, et Thierry Mariani, ancien ministre sous la présidence de M. Sarkozy, avaient rejoint la liste du RN.

« Comme [Malika Sorel-Sutter], j’ai soutenu N. Sarkozy et F. Fillon et, sans rien changer à nos convictions, nous sommes naturellement ensemble pour participer activement au redressement national et européen », a tenu à souligner M. Garraud.

Bien que la liste complète n’a pas encore été annoncée, M. Garraud devrait vraisemblablement y figurer, tel que M. Bardella l’a déjà annoncé.