Fonds européens : le gouvernement grec dit non à plus de transparence
Le parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie, a rejeté une proposition de l’opposition visant à mettre en place une commission parlementaire chargée de surveiller la répartition de l’argent de l’UE provenant du fonds de relance.
Le parti conservateur au pouvoir, Nouvelle Démocratie (PPE), a rejeté la demande de l’opposition de créer une commission parlementaire chargée de surveiller la répartition de l’argent européen provenant du fonds de relance et des fonds du Cadre de référence stratégique national (CRSN) 2021-2027. Une analyse d’Euractiv Grèce.
La demande, présentée par le principal parti d’opposition Syriza (Gauche européenne) et soutenue par le parti socialiste Pasok, a été invalidée lundi (25 juillet) par le PPE.
Le gouvernement a affirmé que le fonds de relance se caractérise par une transparence absolue, toutes les décisions pertinentes étant publiées et mises à la disposition des citoyens et du Parlement. Une commission parlementaire n’est donc pas nécessaire.
« Un système de gestion et de contrôle extrêmement strict et exigeant est mis en œuvre en accord absolu avec la Commission européenne » a affirmé le porte-parole du gouvernement, Giannis Oikonomou. » Le contrôleur final de la gestion des ressources reste la Cour des comptes européenne du côté européen, et la Cour des comptes du côté de la législation nationale ».
La proposition visait à établir une commission parlementaire multipartite de « consultation et de responsabilité », qui surveillerait la répartition des fonds européens pour divers projets et mesures.
« À l’heure où l’économie grecque et la majorité des citoyens gémissent sous l’effet d’une flambée des prix sans précédent, le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis déclare qu’il ne veut pas de transparence dans la gestion des fonds européens car il les réserve aux quelques grandes familles d’entrepreneurs du pays », a déclaré Syriza dans un communiqué.
L’opposition a également souligné que sa proposition a été ajoutée au calendrier des débats quatre mois après avoir été soumise.
« Le gouvernement Mitsotakis ne veut pas de garanties pour une attribution sûre et socialement équitable des fonds […] surtout si l’on considère que ces programmes européens durent plus longtemps que le mandat d’un seul gouvernement », a ajouté l’opposition.
De même, le parti socialiste a déclaré qu’une telle discussion devrait avoir lieu, mais a appelé au « sérieux », car ce n’est pas un sujet à discuter « en cinq minutes lors d’une réunion juste avant l’ajournement du parlement [pour la période estivale] ».
En juin 2021, EURACTIV a rapporté que la Grèce était le seul pays à qui l’on avait demandé de modifier son plan de relance national afin de clarifier le financement des PME qui peinent à obtenir des prêts auprès des banques.
Le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a exprimé plus tôt ce mois-ci ses inquiétudes quant à la « qualité » du cadre juridique grec des marchés publics et, notamment, de l’attribution directe des contrats. Il a donné à Athènes un délai jusqu’en septembre pour fournir plus de détails à ce sujet.
L’opposition affirme qu’environ 7,5 milliards d’euros de fonds européens ont été distribués jusqu’à présent sous forme d’attribution directe de contrats.
Le porte-parole de Syriza, Nasos Iliopoulos, a souligné qu’à travers ces attributions directes de contrats et le manque de transparence des fonds de relance européens, le gouvernement conservateur veut faire plaisir à ses « amis proches ».
« [Par ces manœuvres] M. Mitsotakis veut rembourser ce qu’il doit en soutien politique », a conclu le porte-parole de Syriza.