Élections présidentielles tchèques : la peur de la guerre comme tactique de campagne

Les experts tchèques soulignent que l’ancien Premier ministre Andrej Babiš dépeint l’ancien président du Comité militaire de l’OTAN Petr Pavel comme un belliciste et promet qu’il n’a pas l’intention d’« entraîner la République tchèque dans la guerre ».

EURACTIV République tchèque
First round of presidential elections in Czech Republic
M. Babiš — candidat populiste à la présidence tchèque — a lancé une campagne agressive en vue du second tour. « Je n’entraînerai pas la République tchèque dans la guerre. Je suis un diplomate, pas un soldat », peut-on lire sur les nouvelles affiches politiques du candidat à la présidence. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

En République tchèque, la campagne présidentielle est particulièrement marquée par la peur de la guerre. Les experts soulignent notamment que l’ancien Premier ministre Andrej Babiš dépeint l’ancien président du Comité militaire de l’OTAN Petr Pavel comme un belliciste et promet qu’il n’a pas l’intention d’« entraîner la République tchèque dans la guerre ».

Selon Jakub Horák, expert tchèque en communication politique, M. Babiš utilise un style de propagande propre au bloc soviétique et présente son rival — Petr Pavel — en tant que belliciste. « Utiliser la peur de la guerre pour parasiter est la pire chose que nous ayons vue dans les campagnes politiques jusqu’à présent », a déclaré M. Horák sur Twitter.

« La seule chance de succès de M. Babiš est d’essayer de décourager et de diviser tous ceux d’entre vous qui l’ont rejeté au premier tour. C’est pourquoi il a lancé une campagne hostile plutôt que d’adresser des remerciements dignes. Ne nous décourageons pas et battons-le à nouveau dans deux semaines », a commenté M. Pavel au sujet de la campagne de son rival.

M. Pavel, candidat indépendant bénéficiant du soutien du gouvernement, est arrivé, de justesse, en tête du premier tour des élections présidentielles, avec 35,4 % des voix. M. Babiš, de centre droit (ANO, affilié à Renew), est arrivé en deuxième position avec 34,9 %. Le second tour des élections réunissant ces deux candidats est prévu les 27 et 28 janvier.

M. Babiš — candidat populiste à la présidence tchèque — a lancé une campagne agressive en vue du second tour. « Je n’entraînerai pas la République tchèque dans la guerre. Je suis un diplomate, pas un soldat », peut-on lire sur les nouvelles affiches politiques du candidat à la présidence.

Peu avant le premier tour des élections, M. Babiš avait rendu visite à son allié du parti Renew — Emmanuel Macron. Dans ses discours, M. Babiš se présente souvent comme un homme politique de calibre européen, qui assure compter de nombreux amis parmi les dirigeants européens — dont M. Macron.

« Andrej Babiš n’est pas un diplomate », a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský (Pirates, Verts) sur Twitter, en réaction à la campagne de M. Babiš.

Le président tchèque a peu de pouvoirs exécutifs mais façonne souvent le débat public. Mais contrairement à l’usage, selon le quotidien économique Hospodářské noviny, M. Babiš souhaiterait représenter la République tchèque aux sommets du Conseil européen, rôle actuellement assumé par le Premier ministre.