Futures priorités de l’UE : les questions environnementales négligées, selon des ONG

Les questions environnementales ont été exclues d’un projet de liste des futures priorités de l’UE qu’Euractiv a pu consulter et qui sera discuté lors d’une réunion informelle des dirigeants de l’Union en Espagne cette semaine. Les ONG montent au créneau.

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Dans le projet de déclaration, les thèmes de l’énergie, du climat et de l’environnement sont principalement abordés sous l’angle des risques géopolitiques, de la compétitivité et de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. [<a href="https://newsroom.consilium.europa.eu/permalink/p167836" target="_blank" rel="noopener">Union européenne</a>]

Les questions environnementales ont été exclues d’un projet de liste des futures priorités de l’UE qui sera discuté lors d’une réunion informelle des dirigeants de l’Union à Grenade, en Espagne, cette semaine. Les ONG montent au créneau.

Le projet de déclaration, daté du 27 septembre et consulté par Euractiv, se concentre sur l’élargissement, la migration, la compétitivité et la défense.

Il sera discuté par les dirigeants des États membres de l’UE lors de leur réunion à Grenade vendredi (6 octobre) dans le cadre des discussions sur les priorités futures de l’Union européenne, sur la base d’une communication adoptée par la Commission européenne la semaine dernière.

Même si le document peut encore changer d’ici à ce qu’il soit adopté, les groupes de défense de l’environnement craignent que de tels objectifs ne détournent l’attention de l’UE des crises climatiques et environnementales.

« Bien qu’il soit émaillé de quelques formules écolos à la mode, ce document engage l’Europe sur la voie de l’échec », a déclaré Ariadna Rodrigo, chargée de campagne pour la démocratie au sein de l’unité européenne de l’ONG Greenpeace. « Il envisage l’avenir de l’UE comme une forteresse militarisée qui n’interagit avec le monde extérieur que pour aspirer les ressources et saccager la nature », a-t-elle ajouté.

Dans le projet de déclaration, les thèmes de l’énergie, du climat et de l’environnement sont principalement abordés sous l’angle des risques géopolitiques, de la compétitivité et de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

« Nous nous attaquerons aux vulnérabilités, notamment en raison de l’aggravation des risques climatiques et des tensions géopolitiques », peut-on lire dans le projet de document.

« Nous anticiperons les défis potentiels et saisirons les opportunités pour notre Union dans les transitions écologique et numérique, dans le but d’assurer la durabilité de notre modèle économique. Nous nous concentrerons particulièrement sur l’efficacité de l’énergie et des ressources, la circularité et la décarbonisation qui continuent à façonner l’avenir », poursuit le document.

Selon les ONG environnementales, il est « étonnant » que le climat, la biodiversité et la pollution ne soient mentionnés que brièvement.

En réponse à la fuite du document, un groupe de cinq ONG a publié une lettre exhortant les dirigeants du Parlement européen, de la Commission et du Conseil à faire davantage pour soutenir le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) dans les discussions.

« Le projet de texte actuel est loin de reconnaître les menaces pressantes posées par la crise climatique, la perte alarmante d’écosystèmes et de biodiversité, et la pollution », peut-on lire dans la lettre signée par BirdLife Europe, Climate Action Network Europe, le Bureau européen de l’environnement (BEE), la Fédération européenne pour le transport et l’environnement (T&E), et le bureau de politique européenne du Fonds mondial pour la nature (WWF).

« Revenir sur l’engagement de l’Europe en faveur d’une transition verte, équitable et socialement juste ferait le jeu de ceux qui cherchent à déstabiliser l’UE et à saper ses valeurs fondamentales. Cela mettrait en péril la compétitivité de l’Europe dans la course internationale à la durabilité et prolongerait la dépendance à l’égard des régimes autoritaires », avertit le rapport.

Les cinq ONG appellent les dirigeants de l’UE à redoubler d’efforts en faveur de la transition écologique en « augmentant radicalement les investissements publics dans les domaines du climat, de l’environnement et du social, tout en alignant tous les investissements publics et privés sur les objectifs de la transition écologique ».

Ils demandent également à l’UE d’accélérer la mise en œuvre du Green Deal, de revoir les ambitions de cet ensemble de mesures à la hausse, de renforcer la gouvernance et d’encourager la participation des citoyens aux processus décisionnels.

La présidence espagnole du Conseil de l’UE a refusé de commenter cette annonce.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]