Gérald Darmanin demande l’interdiction de toutes les « manifestations pro-palestiniennes »
Dans un contexte de tensions croissantes et de menaces intensifiées envers les juifs, le ministre de l’Intérieur a déployé 10 000 forces de police pour accroître la surveillance des lieux communautaires et a ordonné l’interdiction de manifestations propalestiniennes.
Dans un contexte de tensions croissantes et de menaces intensifiées envers la communauté juive, le ministre de l’Intérieur a déployé 10 000 agents de police pour accroître la surveillance des lieux communautaires et a ordonné l’interdiction de manifestations pro-palestiniennes.
« Les manifestations pro-palestiniennes, parce qu’elles sont susceptibles de générer des troubles à l’ordre public, doivent être interdites », a indiqué jeudi (12 octobre) aux préfets le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, dans un télégramme cité par l’AFP.
« L’organisation de ces manifestations interdites doit donner lieu à des interpellations », poursuit le ministre.
Les ressortissants étrangers qui commettraient des infractions en lien avec ces interdictions « doivent systématiquement voir leurs titres de séjour retirés, et leur expulsion mise en œuvre sans délai », ajoute le ministre.
Depuis le début de l’attaque du Hamas contre Israël le week-end dernier, la sécurité des lieux communautaires juifs a été renforcée. 10 000 membres des forces de l’ordre sont ainsi chargés de la protection des lieux jugés sensibles, les écoles confessionnelles et les synagogues notamment.
La menace à leur égard semble s’accroître ces derniers jours, vu les chiffres d’actes antisémites rapportés par les autorités, bien qu’il n’y ait toujours eu « aucun incident grave », a indiqué le ministre sur France Inter jeudi.
Cependant, « plus d’une centaine d’actes antisémites » ont été recensés en France depuis le 7 octobre, a-t-il ajouté. En temps normal, l’on recense en moyenne un peu plus d’un acte antisémite par jour : en 2022, 436 actes antisémites avaient été répertoriés par les services de renseignement français.
Il s’agit notamment de tags, de croix gammées ou des propos contre les juifs et Israël. Les cas les plus graves concernent des individus arrêtés « avec des armes blanches à l’entrée d’une école ou d’une synagogue » et « un drone muni d’une caméra qui a volé à l’intérieur d’une cour d’un lieu culturel juif ».
Les autorités remarquent également une hausse de la haine en ligne. La plateforme Pharos, qui permet de signaler aux autorités un contenu illicite en ligne, a enregistré « plus de 2 000 signalements » de contenus antisémites en cinq jours. Ce chiffre représente plus de la moitié des signalements reçus tout au long de l’année 2022.