Giorgia Meloni attend un changement de cap d’Ursula von der Leyen sur le Green Deal

À l’approche du vote du Parlement sur la reconduction d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission, la Première ministre italienne ne laisse rien transparaître de son éventuel soutien à l’Allemande, mais elle écoutera attentivement ce que cette dernière dira à propos du Green Deal jeudi (18 juillet).

/ EURACTIV Italie
European Commission President Von der Leyen and Italian Prime Minister Meloni visit flood-hit Emilia-Romagna
La Première ministre italienne Giorgia Meloni (à gauche) et la présidente de la Commission européenne (Ursula von der Leyen). [EFE/MAX CAVALLARI]

À l’approche du vote du Parlement européen sur la reconduction d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, la Première ministre italienne Giorgia Meloni ne laisse rien transparaître de son éventuel soutien à l’Allemande, mais elle écoutera attentivement ce que cette dernière dira à propos du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) dans son discours face aux eurodéputés jeudi (18 juillet).

Selon des sources citées par Il Corriere della Sera, Giorgia Meloni a annoncé aux 24 eurodéputés de son parti Fratelli d’Italia mardi (16 juillet), après la rencontre entre Ursula von der Leyen et les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), qu’à moins que cette dernière « affirme publiquement les concessions minimales qu’elle a faites en privé, il lui sera difficile de s’assurer nos votes ».

La réunion de mardi entre Ursula von der Leyen et le groupe CRE d’extrême droite, auquel appartient Fratelli d’Italia, n’a pas permis de dissiper les doutes du parti, et le choix de ses eurodéputés reste donc en suspens.

Aucune décision n’est attendue avant le discours de la présidente sortante devant le Parlement à Strasbourg jeudi matin, en amont du vote, mais certains éléments pointent vers un soutien des eurodéputés Fratelli d’Italia à Ursula von der Leyen.

Le parti aurait en effet accueilli favorablement les déclarations de cette dernière sur la sécurité, la défense et l’Ukraine et aurait été particulièrement satisfait de ses remarques sur l’immigration.

En outre, des sources du parti au Parlement européen ont confié à Euractiv que le chef de la délégation, Carlo Fidanza, avait salué la responsable politique allemande pour avoir résisté aux pressions de « la gauche, qui a tenté de bloquer les accords migratoires avec la Tunisie et l’Égypte ».

L’homme politique a exprimé l’espoir que l’Europe continue « sur la voie tracée par Giorgia Meloni, avec de nouveaux accords avec les pays africains pour stopper les départs et vaincre les mafias de trafiquants ».

Cependant, la décision de Giorgia Meloni semble dépendre d’une question essentielle : le Green Deal.

Carlo Fidanza a demandé à Ursula von der Leyen mardi de « changer radicalement de cap », notant que ceux qui ont promu le Green Deal ont été « pénalisés » lors des élections européennes de juin, tandis que ses détracteurs ont été « récompensés ».

Si Ursula von der Leyen adopte la même approche pragmatique qu’avec l’immigration et ne se montre pas évasive, les eurodéputés Fratelli d’Italia la soutiendront, selon certaines sources. Elle doit toutefois s’engager publiquement à le faire dans son discours au Parlement européen.

Cependant, cela pourrait mettre la présidente sortante de la Commission en porte à faux avec les Verts, alors qu’elle aurait besoin du soutien de leurs 53 eurodéputés.

En théorie, le soutien de Giorgia Meloni n’est pas nécessaire à la reconduction d’Ursula von der Leyen, puisque la majorité à atteindre est de 361 sièges sur les 720 que compte le Parlement et la coalition pro-UE formée par le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les Socialistes et Démocrates européens (S&D) et les libéraux de Renew dispose de 400 sièges. Cependant, étant donné que le vote se déroule à bulletin secret, il y a toujours un risque de défection de certains eurodéputés de cette coalition.

Giorgia Meloni s’est engagée auprès des Italiens à obtenir le meilleur pour son pays à Bruxelles, notamment une vice-présidence exécutive de la Commission européenne et un portefeuille de commissaire important.

Elle devrait chercher à obtenir un poste de commissaire lié au marché intérieur, à l’industrie ou à la concurrence pour son ministre des Affaires européennes, Raffaele Fitto.

Des sources indiquent que l’abstention lors du vote de jeudi n’est pas à l’ordre du jour. Le choix sera donc de voter pour ou contre Ursula von der Leyen.

Une source des CRE a également expliqué que le « sentiment » au sein du groupe est que Fratelli d’Italia votera pour Ursula von der Leyen, étant donné les « nombreuses concessions » faites aux eurodéputés de Giorgia Meloni, y compris une vice-présidence au Parlement pour Antonella Sberna.

[Édité par Anna Martino]