Grèce : pression des ministres des finances
Les ministres des finances de la zone euro vont mettre la pression sur la Grèce aujourd'hui (15 février) pour qu'elle mette en œuvre pleinement les réductions de déficit budgétaire prévues et éviter tout renflouage.
Les ministres des finances de la zone euro vont mettre la pression sur la Grèce aujourd'hui (15 février) pour qu'elle mette en œuvre pleinement les réductions de déficit budgétaire prévues et éviter tout renflouage.
Les dirigeants de l'UE ont fait une déclaration jeudi, affirmant que la Grèce devait faire tout ce qui était en son pouvoir pour réduire son déficit budgétaire, qui se monte à 12,7 % du PIB, afin qu'il redescende en dessous du plafond européen de 3 % en 2012. Une réduction de 4 % est attendue cette année.
Mais les dirigeants ont également déclaré que la zone euro prendrait des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour sauvegarder la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble, envoyant un signal aux marchés : la Grèce paiera sa dette. Toutefois, ils n'ont pas spécifié les mesures qui seront prises par la zone euro pour soutenir la Grèce en cas de besoin, ce qui a déçu les marchés.
Parlant à la télévision française hier soir (14 février), le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a appelé la Grèce à prendre les mesures supplémentaires qui seront nécessaires pour rendre le plan de redressement crédible.
Toutefois, la Grèce souhaite retarder toute décision sur d'autres mesures jusqu'à mi-mars, lorsque des fonctionnaires de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international devront mener une inspection juridique du programme de réduction du déficit de la Grèce.
L'élément principal de cette déclaration des dirigeants, c'est que la Grèce doit faire ce qui doit être accompli. Si elle procède, il n'y aura pas besoin de mesures supplémentaires, selon une source impliquée dans la préparation de la rencontre de l'Eurogroupe qui s'est confiée à Reuters.
De telles mesures ne seront pas discutées lundi car ce serait trop tôt, selon plusieurs sources de la zone euro.
Les ministres se montrent très réticents à définir quoi que ce soit ex-ante. Lorsqu'il y a un problème, ils prendront le temps d'en discuter et de le régler en 30 minutes, a affirmé une seconde source de la zone euro.
Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré au journal allemand Sueddeutsche Zeitung dans un entretien samedi qu'il existait des instruments d'intervention qui pourront être utilisés en cas de nécessité. Il a cependant refusé d'en dire plus pour l'instant.
Les ministres des finances de l'UE vont cette semaine accepter le plan grec de réduction des déficits qui a déjà été approuvé par la Commission européenne.
Ils vont également mettre en route la procédure disciplinaire budgétaire contre Athènes, dernière étape avant les sanctions. Si Athènes n'adopte pas les mesures préconisées par les ministres pour réduire ses déficits dans les quatre prochains mois, l'UE pourrait lui imposer des sanctions.
Il y aura davantage de pression de la part de la Grèce pour qu'elle accomplisse bien plus de travail que la zone euro ne devra le faire dans la préparation d'un scénario que la Grèce n'arrive pas à tenir, a affirmé la première source de la zone euro.
Des révisions importantes à la hausse des montants du déficit et de la dette grecque l'an dernier ont mené à une baisse de la notation et à une explosion de l'intérêt sur la dette, écornant la confiance des investisseurs quant à la capacité du pays à rembourser son immense dette qui représente plus de 120 % de son PIB.
La Grèce a répondu avec un plan visant à réduire son déficit budgétaire en dessous de 3 % d'ici 2012 à travers différentes mesures, notamment des réductions de salaire et des réformes de la fiscalité et des retraites. Mais cela a enflammé les syndicats, révélant à quel point ce plan était risqué politiquement.
Les inquiétudes grandissantes du marché ont un effet contagieux sur d'autres pays de la zone euro ayant des déficits importants comme l'Espagne et le Portugal, qui doivent également emprunter à un taux plus élevé en conséquence.
Malgré tout, un sondage publié dimanche a montré qu'il n'y avait qu'un faible soutien politique pour un potentiel renflouage par la zone euro de la Grèce.
L'enquête Emnid pour le journal Bild am Sonntag a montré que 53 % des Allemands estimaient que la Grèce devrait être rejetée de la zone euro et plus de deux tiers s'opposent à ce que soit donné à Athènes des milliards d'euros de crédit.
(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV.)