Greenpeace veut diviser la consommation de viande par deux
Pour atteindre les objectifs climatiques de l’accord de Paris, diviser par deux la consommation de viande s'impose selon Greenpeace.
Pour atteindre les objectifs climatiques de l’accord de Paris, diviser par deux la consommation de viande s’impose, selon Greenpeace.
Si l’agriculture suit sa tendance actuelle, elle produira 52 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde dans les prochaines décennies, dont 70 % proviendront du secteur de la viande et des produits laitiers, selon un rapport de Greenpeace.
En Europe, le CO2 de l’agriculture correspond à 10 % des émissions totales .
« Trois animaux sur quatre élevés en Europe proviennent de très grandes exploitations, alors que les petites fermes ont réduit le nombre d’animaux de 50 % », déplore l’ONG.
Une falaise environnementale
Le 29 novembre 2017, la Commission européenne a publié sa communication sur la future Politique agricole commune (PAC). La Commission européenne estime que la PAC de l’après 2020 devrait prévoir des règles plus simples et une approche plus souple et personnalisée pour les États membres et les régions.
« L’initiative phare présentée consiste à renforcer les compétences des États membres en matière de choix et de modalités d’affectation des ressources de la PAC afin d’atteindre des objectifs communs ambitieux dans les domaines de l’environnement, de la lutte contre le changement climatique et de la durabilité », a déclaré la Commission.
Les propositions législatives pertinentes permettant de concrétiser les objectifs décrits dans la communication seront présentées par la Commission avant l’été 2018, suite à la proposition du cadre financier pluriannuel (CFP).
Cependant, pour Greenpeace, les politiques agricoles de l’UE nous ont poussés vers « une gouffre environnemental » et devraient plutôt encourager les agriculteurs à se tourner vers la production écologique de viande, de produits laitiers et de végétaux.
« L’élevage industriel est une source importante d’émissions de carbone, de pollution de l’air et cause des problèmes de santé majeurs, comme la résistance aux antibiotiques. Nos gouvernements doivent veiller à ce que la prochaine réforme de la réglementation agricole accélère la transition à l’agriculture écologique et à un élevage des animaux plus réduit et plus durable, tout en retirant les subventions à l’élevage intensif », a souligné Marco Contiero, directeur des politiques agricoles européennes de Greenpeace.
Résistance aux antibiotiques
Le rapport de Greenpeace souligne également le danger de la résistance aux antibiotiques due à l’élevage intensif. Selon un rapport publié le 27 février par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), les bactéries chez les humains et les animaux continuent de présenter une résistance aux antibiotiques.
« Parmi les nouveaux résultats présentés dans le rapport figurent la détection d’une résistance aux carbapénèmes chez les volailles, un antibiotique non autorisé chez les animaux, et, pour la première fois signalée dans quatre pays, la présence de bactéries Salmonella Kentucky productrices de BLSE résistantes à la ciprofloxacine chez l’Homme », selon le rapport de l’EFSA et de l’ECDC.
« La plupart des scientifiques s’accordent pour dire qu’il est nécessaire de réduire la demande de produits animaux. Seule une diminution significative de la consommation de viande et de produits laitiers nous permettra d’avoir un système alimentaire adapté à l’avenir – dans l’intérêt des humains et de la planète en général », a commenté Pete Smith, ancien auteur principal du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).