Guerre en Ukraine : la Moldavie au bord de la crise
La Moldavie est au bord de la crise car la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a de graves répercussions sur le pays, a confié le ministre des Affaires étrangères moldave Nicu Popescu à la presse.
La Moldavie est au bord de la crise car la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a de graves répercussions sur le pays, a confié le ministre des Affaires étrangères moldave Nicu Popescu à la presse le samedi 5 mars.
La Moldavie commence à manquer de moyens pour fournir des abris et des soins suffisants aux réfugiés ukrainiens fuyant leur pays et a besoin que ses partenaires lui fournissent des ressources supplémentaires en termes d’équipement, d’aide financière et d’aide à la relocalisation des réfugiés dans les « heures et les jours à venir », a prévenu M. Popescu.
Des dizaines de milliers de réfugiés ont afflué en Moldavie, l’un des pays les plus pauvres d’Europe, mettant à rude épreuve ses services sociaux.
La Moldavie, qui compte environ 2,6 millions d’habitants, a accueilli 237 000 réfugiés, dont 113 000 se trouvent toujours sur son territoire.
« Nous sommes de loin le voisin le plus fragile de l’Ukraine », a indiqué M. Popescu, ajoutant que si l’on compare le nombre de réfugiés à la population, « cela devient plutôt dramatique ».
Le ministre moldave des Affaires étrangères a également indiqué qu’il s’attendait à ce que ces chiffres augmentent.
« Nous approchons du point de rupture », a-t-il expliqué, faisant également état d’un impact économique massif dû à la privation des importations en provenance d’Ukraine, principalement du port d’Odessa, ainsi que d’un effondrement de la confiance des investisseurs et de l’activité transfrontalière.
M. Popescu a pointé du doigt ce qu’il a appelé la « propagande pro-guerre » soutenue par la Russie et la fermeture prolongée de l’espace aérien, en plus de la prolifération des armes et de la crise grandissante des réfugiés.
« Je peux facilement envisager une décennie perdue en termes de consolidation démocratique et de développement économique pour l’Ukraine, pour la Moldavie. »
« La Moldavie est dans une situation très, très délicate », a-t-il ajouté.
Aux côtés de l’Ukraine et de la Géorgie, ses partenaires du « Trio associé », la Moldavie, a demandé à rejoindre l’UE en début de semaine.
« Nous attendons un signal encourageant de l’UE », a-t-il déclaré.
La Moldavie a reçu une sorte d’acompte en début de semaine, lorsque le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, s’est rendu sur place et a promis 15 millions d’euros « pour aider à la gestion de la crise actuelle ».
Parallèlement, le pays n’a pas l’intention de se joindre aux sanctions mondiales contre la Russie ni de prendre des mesures pour se rapprocher de l’OTAN, a déclaré M. Popescu.
Il a par ailleurs précisé que cette décision était fondée sur la précarité de sa situation en matière de sécurité et sur son statut militaire neutre, qui est inscrit dans sa constitution.
Le casse-tête de la Transnistrie
En outre, la Moldavie est fracturée au niveau de la Transnistrie, qui a fait sécession avec le soutien de la Russie et qui a demandé la reconnaissance de son indépendance samedi (5 mars). Les autorités séparatistes de Tiraspol ont annoncé dans un communiqué de presse leur désaccord avec la demande d’adhésion de la Moldavie à l’Union européenne.
Elles ont également exigé la reconnaissance immédiate de l’indépendance de la Transnistrie, tout comme elles l’avaient fait avec la région séparatiste ukrainienne du Donbass avant l’invasion de la Russie.
Certains experts pensent que ce territoire pourrait être utilisé comme une porte d’entrée pour l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe dans le futur.
Interrogé sur cette possibilité, notamment à partir de la région frontalière d’Odessa, M. Popescu a déclaré que Chisinau « analyse ces risques depuis plusieurs mois » et « se prépare à tous les scénarios ».
M. Popescu a également confirmé que le pays était touché par un nombre croissant de campagnes de désinformation, visant en partie à « attiser les tensions entre notre population et les réfugiés ».
Le Secrétaire d’État américain Antony Blinken, arrivé en Moldavie dimanche, devait rassurer le pays.
Le chef de la diplomatie américaine a notamment rencontré la présidente moldave Maia Sandu, la Première ministre Natalia Gavrilita et le ministre des Affaires étrangères Nicu Popescu au cours de sa visite dans le pays.