L’UNICEF lance un appel aux dons de 400 millions d’euros pour l'Ukraine

L’UNICEF estime qu’elle a besoin de 400 millions d’euros, pour les trois prochains mois, afin d’aider les civils en Ukraine et notamment les enfants, avertissant que ce chiffre « peut évoluer tous les jours ».

Euractiv France
Ukrainian refugees in Poland
Ceux qui quittent l’Ukraine en ce moment sont en grande majorité des femmes et des enfants. [DAREK DELMANOWICZ/EPA]

L’UNICEF estime qu’elle a besoin de 400 millions d’euros, pour les trois prochains mois, afin d’aider les civils en Ukraine et notamment les enfants, avertissant que ce chiffre « peut évoluer tous les jours ».

Sur un million de réfugiés ukrainiens plus de la moitié sont des enfants, selon Philippe Cori, directeur régional adjoint de l’UNICEF pour l’Europe et l’Asie centrale. 

« La situation des enfants en Ukraine s’aggrave de minute en minute. Des enfants sont tués et blessés. 7,5 millions d’enfants sont en danger », alerte M. Cori lors d’une conférence de presse organisée jeudi (3 mars) à Paris. 

Pour apporter une aide humanitaire efficace, l’agence onusienne lance un appel aux dons de 400 millions d’euros à destination des familles et des enfants ukrainiens notamment pour financer des médicaments, du matériel médical et des kits d’hygiène. 

Sur place, les équipes de l’UNICEF travaillent en étroite collaboration avec les municipalités locales, qui sont un « relai efficace » selon M. Cori qui salue leur « immense courage malgré le danger ». 

Ceux qui quittent l’Ukraine en ce moment sont en grande majorité des femmes et des enfants.

Des structures d’accueil, les fameux « points bleus », sont mises en place non seulement en Ukraine, mais aussi aux frontières avec les pays limitrophes comme la Pologne, la Roumanie, la Moldavie ou encore la République tchèque. 

À leur arrivée dans ces points bleus, les civils peuvent trouver des kits d’hygiène, de l’eau, de la nourriture et des médicaments. Des psychologues sont aussi présents dans ces structures et sur les routes ukrainiennes pour « soutenir les enfants traumatisés ». 

Pour l’heure, un peu plus de trente points bleus et treize équipes mobiles ont été déployés sur le territoire ukrainien et dans les pays frontaliers. 

L’armée de Vladimir Poutine continue de bombarder des hôpitaux, des écoles et des orphelinats. Mardi (1er mars), la maternité de l’hôpital de la deuxième ville du pays Kharkiv a dû être évacuée à la suite de menaces de bombardements russes. 

Comme de nombreux services de santé, elle a été déplacée sous terre dans un abri anti-bombes. 

« Il faut arrêter de viser les écoles, les maternités, les hôpitaux et les orphelinats. Des femmes accouchent dans des bunkers, des enfants se font vacciner sous terre », alerte encore Philippe Cori, avant d’ajouter : « Nous sommes arrivés à une intensité du conflit qui devient inacceptable ».

Peu de temps avant le début du conflit, une épidémie de poliomyélite, plus communément appelée « polio », commençait en Ukraine, entrainant une campagne de vaccination massive chez les enfants.

Le directeur adjoint Europe se dit « très inquiet », car « sans électricité, nous ne pouvons pas vacciner ». 

Acheminer l’aide matérielle : un défi logistique 

Cela fait plus de huit ans que des équipes de l’UNICEF sont à l’œuvre en Ukraine. Mais la guerre qui sévit depuis plus d’une semaine maintenant est sans précédent. « On en parlait, mais on n’y croyait pas », souffle Philippe Cori qui s’est rendu de nombreuses fois dans la région. 

Depuis le début du conflit, l’aide internationale afflue. Lundi (28 février), le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin indiquait que la France avait envoyé 33 tonnes d’aide humanitaire en Pologne à destination des Ukrainiens, et que 30 tonnes supplémentaires partiraient pour la Moldavie dans la semaine. 

Mardi (1er mars), la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le financement d’un programme d’aide à hauteur de 500 millions d’euros, pour aider les populations civiles touchées par le conflit en Ukraine.

Mais sur place, les équipes de l’UNICEF font face à des problèmes de logistique sur le terrain qui les empêchent d’acheminer tous les dons de médicaments, de matériel médical et de kits d’hygiène. 

De nombreuses routes sont bloquées ou détruites ce qui rend difficile l’acheminement des dons. Il est également compliqué de trouver des chauffeurs prêts à conduire leur camion pour apporter les dons aux équipes sur place.

Alors pour que l’aide humanitaire soit la plus efficace possible, l’UNICEF invite toutes les personnes souhaitant faire un don à faire un don financier et non matériel. Ce dernier explique qu’il est plus simple pour l’UNICEF de centraliser l’aide financière pour ensuite l’utiliser au mieux.

Selon Catherine Russell, la directrice générale de l’UNICEF, au moins treize enfants ont été tués, depuis le début du conflit le 24 février dernier, et beaucoup d’enfants ont été blessées. « Nous craignons que ce chiffre augmente », a-t-elle déclaré mardi (1er mars) dans une conférence de presse à New York.