Guy Verhofstadt réclame des sanctions contre la Hongrie

Les leaders des parti socialiste et libéral européens fustigent la nouvelle constitution controversée de la Hongrie et exigent que le pays et son parti dirigeant, le Fidesz, soient ostracisés.

/ EURACTIV.fr
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Les leaders des parti socialiste et libéral européens fustigent la nouvelle constitution controversée de la Hongrie et exigent que le pays et son parti dirigeant, le Fidesz, soient ostracisés.

La France est jusqu'à présent le seul pays de l'UE à avoir exprimé ses craintes quant à la nouvelle constitution hongroise qui est entrée en vigueur le 1er janvier. Les 26 autres Etats membres et le Parti populaire européen (PPE), auquel le Fidesz est affilié, restent muets comme des carpes sur le sujet.

Guy Verhofstadt, le président du groupe de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE) au Parlement européen, a réclamé des sanctions contre la Hongrie, similaires à celles prises contre le dirigeant d'extrême droite autrichien Jörg Haider en 2000 (voir « Contexte »). Conformément au traité de Lisbonne, les sanctions proposées pourraient en réalité se révéler bien plus strictes.

« Les traités prévoient une procédure pour gérer ce genre de situations », a déclaré M. Verhofstadt. « Malheureusement, le temps est venu d'appliquer cette procédure pour protéger la démocratie et les droits fondamentaux en Hongrie et dans l'UE aujourd'hui, ainsi que pour éviter d'établir un dangereux précédent et de montrer le mauvais exemple aux pays souhaitant rejoindre l'Union. »

Dans le cas de l'Autriche, les gouvernements de l'UE avaient imposé des sanctions dans le cadre de dispositions leur permettant d'agir en prévision de violations des droits de l'Homme.

Conformément à l'article 7 du traité de Lisbonne, toute violation grave des droits de l'Homme peut résulter en une suspension ou en une perte des droits de vote au Conseil.

Les détracteurs de la nouvelle constitution et des autres lois adoptées par le gouvernement Orbán affirment qu'elles affaiblissent l'indépendance du système judiciaire, des médias et de la banque centrale.

Les socialistes aussi montent au créneau

Le Parti des Socialistes européens (PSE) a demandé au PPE, majoritaire au Parlement européen, d'exclure le Fidesz.

« Le silence du Parti populaire européen (PPE) qui compte le Fidesz dans ses rangs devient assourdissant », a déclaré le secrétaire général du Parti des Socialistes européens (PSE), Philip Cordery. 

Il a déclaré que le Fidesz devrait être exclu de sa formation politique « tant que les institutions démocratiques hongroises n'auront pas regagné leur indépendance et leur intégrité. »

Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, est l'un des vice-présidents du PPE et la réaction du parti face à la situation actuelle est très attendue.

Le PPE publiera un communiqué cette semaine

Un porte-parole du PPE a refusé de répondre aux questions d'EURACTIV sur la position de son groupe politique quant à la présence du Fidesz ou de M. Orbán au sein du parti. Il a déclaré que le PPE était toujours en train d'examiner le texte de la nouvelle constitution hongroise. Un communiqué sera publié avant la fin de la semaine par le président du PPE, Wilfried Maartens, a affirmé le porte-parole.

Dans le même temps, la France reste le seul Etat membre à s'être exprimé publiquement sur le sujet. Le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré à la télévision mardi (3 janvier) que la situation était problématique en Hongrie.

Le président français, Nicolas Sarkozy, est d'origine hongroise.

M. Juppé a affirmé que la France avait demandé à la Commission européenne de prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que les principes fondamentaux et les valeurs de l'Union européenne étaient respectés dans tous les pays de l'Union, y compris en Hongrie.

Le ministère hongrois des affaires étrangères n'a pas tardé à riposter et a déclaré le même jour : « Les déclarations de M. Juppé sont en contradiction avec l'amitié qui existe entre les deux pays. »