Hollande et Merkel affichent leur volonté de consensus
La croissance et la Grèce ont été les deux principaux sujets de discussions entre les dirigeants, lors de leur première rencontre. Ils ont prévu de coopérer étroitement d’ici le sommet européen des 28 et 29 juin.
La croissance et la Grèce ont été les deux principaux sujets de discussions entre les dirigeants, lors de leur première rencontre. Ils ont prévu de coopérer étroitement d’ici le sommet européen des 28 et 29 juin.
Un rendez-vous avec la chancelière se mérite. Impossible pendant la campagne, la rencontre s’est concrétisée le 15 mai, malgré l’aléa climatique qui a perturbé le vol de François Hollande, contraint de changer d’appareil.
La conférence de presse qui s’est tenue à l’issue des discussions, s’est en revanche déroulée sans surprise. François Hollande est resté fidèle à l’agenda européen qu’il s’était fixé : approfondissement du traité de l’Elysée unissant Paris et Berlin, mobilisation de tous les pays européens au-delà du tandem franco-allemand et réflexion sur un pacte de croissance.
Conférence de presse commune à Berlin : F… par elysee
« Tout doit être mis sur la table », a répété le nouveau Président français empruntant pêle-mêle des directions qui résonnent tantôt à Berlin, comme « l’amélioration de la compétitivité », tantôt à Paris, comme les « investissements d’avenir », ou encore les « eurobonds », que le chef de l’État a furtivement cités, malgré l’hostilité notoire de l’Allemagne.
Croissance et Grèce
Le discours sur la croissance a débordé sur la Grèce, l’homme malade de l’Europe, dont l’avenir dépendra en grande partie de la capacité du pays à former un gouvernement stable et pro-européen.
Sans coup férir, les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de maintenir la Grèce au sein de la zone euro. Le pays doit s’en donner les moyens, en respectant ses engagements budgétaires, mais l’Europe a aussi son rôle à jouer en apportant « des mesures de croissance » et « de soutien à l’activité » dans ce pays, a signifié François Hollande.
La France compte arriver le 23 mai avec un « mémorandum » sur la croissance déclinant les orientations de l’Hexagone, à l’image de ce que le Français avait déjà dévoilé (action de la BEI, fonds structurels, taxe sur les transactions financières, EU project bonds). Les semaines qui viennent seront cruciales pour que Paris et Berlin accordent leurs violons. « Il est très important que l’Allemagne et la France présentent ensemble leurs idées au Conseil de juin. Nous avons discuté des modalités de cette coopération », a fait savoir Angela Merkel.
Position ouverte et vague
Loin d’adopter une position clivante avec l’Allemagne, le président s’est retranché derrière une « renégociation » ouverte mais vague du traité budgétaire, sans s’arrêter précisément sur les « instruments juridiques » à retenir.
Une telle approche rend possible l’adoption de mesures de croissance complémentaires mais indépendantes du traité, la chancelière ayant rappelé qu’il avait été signé en mars.
Interrogé sur France Inter mercredi 16 mai, le député européen Daniel Cohn-Bendit s’est dit convaincu de la capacité de la France à arracher un volet de croissance. « Ca fait deux mois que je le dis », a-t-il répété. L’enjeu réel repose en fait sur le « contenu » et la « qualité » de ces mesures.