Huawei au Parlement européen : Roberta Metsola révèle les noms de cinq eurodéputés dont l’immunité pourrait être levée
La présidente du Parlement européen a révélé les noms de cinq eurodéputés pour lesquels le parquet belge a officiellement demandé des levées d’immunité parlementaire dans le cadre d’une enquête pour suspicion de corruption impliquant Huawei.
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a révélé les noms de cinq eurodéputés pour lesquels le parquet fédéral belge a officiellement demandé des levées d’immunité parlementaire dans le cadre d’une enquête pour suspicion de corruption impliquant le géant chinois des télécommunications Huawei.
Outre les noms des trois eurodéputés déjà identifiés cette semaine, Roberta Metsola en a révélé deux autres mercredi 21 mai dans l’après-midi : les eurodéputés italiens du Parti populaire européen (PPE) Fulvio Martusciello et Giusi Princi.
Fulvio Martusciello, chef de la délégation italienne du PPE, est notamment mis en cause pour avoir signé, en 2021, deux lettres adressées à la Commission européenne. Les signataires de la lettre y exprimaient des préoccupations concernant les obstacles à la libre concurrence dans le secteur européen de la 5G, où le géant chinois des télécommunications tente de gagner du terrain.
Le parquet belge l’accuse également d’avoir incité d’autres eurodéputés à apposer leur signature à ces documents.
En mars, une assistante parlementaire de Fulvio Martusciello a été arrêtée en Italie en vertu d’un mandat d’arrêt européen. Elle a ensuite accepté de coopérer avec les autorités belges et a pu retourner en Italie. Ses avocats ont indiqué à Euractiv qu’ils demanderaient le classement de l’affaire.
De son côté, l’eurodéputée Giusi Princi, soupçonnée d’avoir assisté à une réunion non déclarée à Bruxelles le 25 juin 2024, qualifie les accusations d’« erreur manifeste ». Elle nie s’y être rendue, affirmant qu’elle se trouvait en Italie à une fête scolaire de sa fille ce jour-là. Un alibi qui peut être prouvé par de « nombreux documents justificatifs », selon elle.
Les trois autres eurodéputés concernés par la demande de levée d’immunité sont le socialiste maltais Daniel Attard, le libéral bulgare Nikola Minchev (Renew), et l’Italien Salvatore De Meo, membre du PPE. Tous trois ont confirmé publiquement cette semaine qu’ils faisaient l’objet d’une enquête du parquet belge.
Daniel Attard a confirmé qu’il était visé par l’enquête pour avoir assisté à un match de football en septembre dernier dans la loge VIP de Huawei au stade d’Anderlecht à Bruxelles.
Salvatore De Meo a confié à Euractiv en début de semaine que l’enquête le concernant portait sur une réunion sociale, non organisée par Huawei, qui s’était tenue en dehors du Parlement européen et à laquelle des représentants de Huawei auraient assisté. Il a nié toute implication, affirmant n’avoir jamais soutenu les intérêts de Huawei, ni en signant des lettres, ni en déposant des amendements, ni par le biais d’une action législative.
Nikola Minchev a pour sa part indiqué que la demande de levée d’immunité le concernant serait liée à son ancien assistant, Adam Mouchtar. Ce dernier a vu son bureau parlementaire perquisitionné et placé sous scellés en mars.
Les demandes seront désormais examinées par la commission des Affaires juridiques (JURI) du Parlement européen, qui rédigera un rapport. La commission votera ensuite sur sa recommandation, mais la décision finale sera prise par l’ensemble des députés européens lors d’un vote en séance plénière du Parlement.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]