Indignation au Parlement à l'annonce de la participation de DSK à un débat

Des eurodéputés de plusieurs partis se sont mobilisés contre la participation de l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strass-Kahn, à une conférence organisée par de jeunes parlementaires au Parlement européen à Bruxelles.

EURACTIV.com
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Des eurodéputés de plusieurs partis se sont mobilisés contre la participation de l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strass-Kahn, à une conférence organisée par de jeunes parlementaires au Parlement européen à Bruxelles.

M. Strauss-Kahn a été invité à participer à un débat financier le 27 mars dans l'un des plus grands hémicycles du bâtiment du Parlement européen à Bruxelles.

Ce débat est organisé par EU40, un réseau d'eurodéputés de moins de 40 ans. L’ancien directeur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, et le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui préside également les réunions de l'Eurogroupe, ont eux aussi été invités à l'évènement.

Les organisateurs s'attendent à une grande affluence : les invitations envoyées par courriel ne garantissent pas de places assises et donnent la priorité aux eurodéputés.

La présence de Dominique Strauss-Kahn a quoi qu'il en soit entraîné une myriade de déclarations courroucées.

L'eurodéputée espagnole Esther Herranz García (Parti populaire européen) a tout bonnement présenté sa démission au président d'EU40, Alexander Alvaro (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe, Allemagne). Dans une lettre obtenue par EURACTIV, elle a écrit qu'elle avait décidé de se retirer, car elle n'acceptait pas les « attitudes pouvant être perçues comme dégradantes envers les femmes » (voir « Contexte »).

L'eurodéputée socialiste hongroise Zita Gurmaï et la Belge Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen (Verts/ALE), ont écrit au président du Parlement, Martin Schulz, pour dénoncer un « show alimenté par le scandale ».

« Au nom du combat que nous menons pour la dignité des femmes, nous nous opposons à cette invitation et vous demandons, Monsieur le Président, de veiller à ce que ce Parlement reste un lieu de travail législatif, où les sensibilités de chacun sont respectées, et non une arène médiatique où il faut faire 'des coups', du show et du spectacle », ont-elles écrit.

Faisant allusion aux poursuites contre M. Strauss-Kahn pour comportement sexuel répréhensible, elles ont qualifié de « clairement indécente » l'invitation qui lui a été envoyée pour s'exprimer devant le Parlement.

L'eurodéputé belge Derk Jan Eppink (Conservateurs et Réformistes européens) a lui aussi écrit à M. Schulz, lui demandant d'organiser cet évènement en dehors du Parlement européen.

« Je suis stupéfait que cet évènement ait lieu dans les bâtiments du Parlement européen, car M. Strauss-Kahn fait actuellement l'objet d'une enquête criminelle et le magistrat instructeur devrait décider au lendemain de l'évènement s'il engage ou non des poursuites contre lui », a écrit M. Eppink.

Dans le même temps, le nom de M. Strauss-Kahn a disparu du site Internet d'EU40 qui annonce à présent un débat entre MM. Juncker et Trichet.

M. Alvaro a depuis annoncé sur Twitter que M. Strauss-Kahn avait annulé sa venue. A 11h ce matin, l'eurodéputée belge Véronique De Keyser (S&D) a envoyé une série de courriels annonçant que Dominique Strauss-Kahn avait décidé d'annuler sa participation à l'évènement du Parlement européen.

« Je suis contente. L'incident est donc clos », a-t-elle affirmé.

C'est la seconde fois que M. Strauss-Kahn se retrouve en difficulté dans le cadre de l'organisation d'une conférence. Le 9 mars dernier, l'ancien directeur du FMI a été poussé à l'arrière d'une voiture de police pour échapper à des manifestants après avoir prononcé un discours à l'université de Cambridge en Grande-Bretagne.