Industrie de la défense : vingt États de l'UE signent pour des achats militaires en commun
Vingt États de l'Union européenne (UE) se sont engagés à acquérir des armes et des munitions en commun, a annoncé jeudi 14 novembre la Commission européenne, dans le cadre de la toute première initiative de soutien aux achats de matériel de défense.
Vingt États de l’Union européenne (UE) se sont engagés à acquérir des armes et des munitions en commun, a annoncé jeudi 14 novembre la Commission européenne, dans le cadre de la toute première initiative de soutien aux achats de matériel de défense.
Après le déclenchement de l’invasion généralisée de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le Parlement européen avait approuvé la création d’un instrument pour permettre des acquisitions conjointes dans le domaine de la défense (EDIRPA).
Doté de 300 millions d’euros, ce dernier vise à aider financièrement les États membres à reconstituer leurs stocks, par le biais d’achats en commun de produits largement fabriqués sur le continent européen.
Vingt États de l’Union européenne participent à ces achats, a annoncé jeudi 14 novembre la Commission européenne, notamment avec l’acquisition de systèmes de défense aérienne et antimissile, de véhicules blindés et de munitions.
Certains autres programmes non retenus ont été placés en réserve, afin d’être financés par d’éventuels programmes futurs, comme le programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP), a ajouté la Commission.
Les articles sélectionnés sont considérés comme des « biens de consommation », puisque massivement utilisés sur le champs de bataille ukrainien.
Des systèmes de défense aérienne à très courte portée Mistral, de fabrication française, seront par exemple achetés par la Belgique, Chypre, le Danemark, l’Estonie, la France, la Hongrie, la Slovénie, l’Espagne et la Roumanie.
L’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie et la Slovénie achèteront quant à elles des systèmes de défense aérienne à moyenne portée IRIS-T SLM, de fabrication allemande, dans le cadre du projet Jamie (« Joint Air Missile Defence Initiative in Europe »).
« Il s’agit de systèmes de protection contre les menaces aériennes, telles que les avions de combat, les hélicoptères d’attaque et les systèmes aériens sans pilote », a précisé la Commission dans son communiqué de presse.
Différents types de munitions d’artillerie de 155 mm seront également commandés par deux groupes de pays, composés l’un de six et l’autre de quatre États membres.
L’EDIRPA soutiendra également l’achat par l’Allemagne, la Finlande, la Lettonie et la Suède du système commun de véhicules blindés (Common Armoured Vehicle System/CAVS). Le CAVS est un nouveau véhicule blindé 6×6 de transport de troupes, développé par ces quatre États membres.
Chacune des cinq opérations d’achat sélectionnées par la Commission recevra un montant de 60 millions d’euros.
L’achat en commun comme vecteur d’intégration
Le budget de l’UE couvrira également les coûts administratifs liés au fait que les États membres achètent des équipements ensemble plutôt qu’individuellement.
Au cours des deux dernières années, la Commission européenne a proposé plusieurs fonds et programmes pour encourager les États de l’UE à acheter conjointement des armes et des équipements de défense.
Selon la Commission, des commandes plus importantes permettront à l’industrie européenne de la défense de réaliser des économies d’échelle et lui donneront une perspective et une prévisibilité sur le long terme, afin de permettre une montée en puissance de la production. Ce qui devrait favoriser la création d’un complexe militaro-industriel plus indépendant, ajoute l’exécutif.
Les États membres discutent actuellement de la proposition du programme pour l’industrie européenne de la défense (EDIP), qui vise à rendre l’industrie de la défense du continent prête à faire face à une éventuelle guerre dans les années à venir.
[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]