Inflation : Christine Lagarde répond aux préoccupations des députés européens
Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, a déclaré lundi (27 septembre) aux députés européens que la récente remontée de l’inflation était probablement un phénomène temporaire.
Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré lundi (27 septembre) aux députés européens que la récente remontée de l’inflation était probablement un phénomène temporaire.
Alors que l’inflation en Europe et aux États-Unis est au cœur des discussions, un débat s’est tenu au Parlement européen dans le cadre du dialogue monétaire trimestriel avec les députés de la Commission des affaires économiques de l’assemblée.
Les députés ont notamment demandé si la récente hausse de l’inflation était temporaire ou si elle était le signe avant-coureur d’une inflation plus élevée sur le long terme.
L’inflation a augmenté régulièrement en 2021 et a atteint 3 % en août. Toutefois, si l’on exclut les prix de l’énergie du calcul, l’inflation atteint 1,7 %, ce qui reste inférieur à l’objectif de 2 % fixé par la BCE.
La BCE s’attend à ce que l’inflation pour l’année en cours s’élève à 2,2 %. En 2022, l’inflation devrait atteindre 1,7 % puis 1,5 % en 2023, selon les prévisions de la Banque centrale.
Mme Lagarde a déclaré que selon la Banque centrale, les prix élevés de l’énergie sont actuellement le moteur de l’inflation, des modifications temporaires de la TVA et des problèmes des chaînes d’approvisionnement mondiales dus à la pandémie. Ces facteurs devraient se dissiper l’année prochaine, a souligné la présidente de la BCE.
Quatre des cinq rapports remis à la Commission des affaires économiques par le groupe d’experts monétaires prévoient que la pression inflationniste sera temporaire.
Néanmoins, de nombreux députés ont exprimé leur inquiétude face à la hausse de l’inflation. Le député du groupe Renew Europe, Luis Garicano, a évoqué une forte augmentation des prix industriels en Espagne. Dans le même temps, Michiel Hoogeveen, du groupe des Conservateurs et Réformistes européens, a imputé la hausse des prix de l’immobilier aux Pays-Bas à la politique monétaire de la BCE.
À plusieurs reprises, Mme Lagarde a insisté sur l’objectif d’inflation fixé à 2 %. « Les écarts négatifs et positifs de l’inflation par rapport à l’objectif fixé sont tout aussi indésirables », a-t-elle déclaré.
La dominance financière
La politique monétaire pourrait être de plus en plus axée sur les problèmes à court terme du secteur financier au lieu de se concentrer sur la stabilité des prix, ce qui inquiète fortement les députés. Cela pourrait en effet conduire à des distorsions sur le marché, ont-ils déclaré.
L’eurodéputé Luis Garicano a déclaré que si les marchés financiers s’attendaient à être sauvés par la banque centrale après chaque ralentissement, cela encouragerait un comportement hautement spéculatif.
« Il ne peut y avoir de stabilité des prix s’il n’y a pas de stabilité financière et vice versa », a répondu Mme Lagarde.
Bâle III
Jonás Fernández, du groupe des Socialistes et Démocrates, a demandé à la présidente de la BCE ce qu’elle pensait de la mise en œuvre d’exigences plus strictes en matière de fonds propres pour les banques dans le cadre de l’accord de Bâle III.
La mise en œuvre des nouvelles exigences de capital a été reportée en raison de la pandémie. Certaines banques font maintenant pression pour que ces exigences soient assouplies, arguant qu’elles nuiraient à leur compétitivité mondiale.
Mme Lagarde s’est toutefois prononcée contre un nouveau report de la mise en œuvre. « Il y a un moment où il faut agir, la mise en œuvre est essentielle », a-t-elle déclaré.