IVG : les pénuries sur le misoprostol sont finies, selon Nordic Pharma France

Face aux récentes pénuries de misoprostol, une pilule abortive utilisée en France, son unique fabricant le laboratoire Nordic Pharma se veut rassurant et indique que la situation est revenue à la normale.

Euractiv France
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Mi-avril, l'Observatoire de la transparence du médicament (OTMeds) avait alerté sur une pénurie de misoprostol, utilisé pour les avortements médicamenteux, option choisie dans 76% des cas en France. [fizkes/Shutterstock]

Face aux récentes pénuries de misoprostol, une pilule abortive utilisée en France, son unique fabricant le laboratoire Nordic Pharma se veut rassurant et indique que la situation est revenue à la normale. 

« Les tensions sur le misoprostol sont finies. Il n’y a pas de pénuries à craindre à proprement parler », a déclaré Vincent Leonhardt, président de Nordic Pharma France, mardi (2 mai) lors d’une audition par la commission d’enquête sur les pénuries de médicaments du Sénat. 

Mi-avril, l’Observatoire de la transparence du médicament (OTMeds) avait alerté sur une pénurie de misoprostol, utilisé pour les avortements médicamenteux, option choisie dans 76% des cas en France, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).  

Le laboratoire a reconnu avoir connu deux périodes distinctes de difficultés d’approvisionnement, une au mois de juin 2022 et une en avril dernier, notamment liées à des problèmes au niveau des chaînes de fabrication. 

« Il ne peut pas être exclu que certaines agences de grossistes localement aient eu quelques difficultés à s’alimenter ponctuellement en quantité suffisante en raison de délais plus longs de commandes », ont déclaré les responsables français du laboratoire suédois face aux sénateurs. 

Selon l’Agence européenne du médicament (EMA), au sein de l’UE seule la France connaissait des pénuries de misoprostol en avril. 

« Les effets se sont plus fait ressentir en France que dans les autres pays de l’Union européenne, la France étant majoritaire en termes de part de marché », a expliqué M. Leonhardt. 

La France représente 65% des ventes de MisoOne et 91% des ventes de Gymiso, les deux spécialités à base de misoprostol.

En tant que médicament d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), le misoprostol doit bénéficier d’un stock de sécurité obligatoire. En parallèle, les représentants du laboratoire pharmaceutique ont également assuré suivre de près l’actualité liée à l’IVG, assurer une veille quotidienne des stocks et avoir mis en place un plan de gestion des pénuries. 

Pour pallier aux pénuries de misoprostol, la France a notamment importé 5 000 pilules abortives depuis l’Italie au mois d’avril, sans que cela n’entrave l’accès à l’IVG des Italiennes, a précisé M. Leonhardt. 

« Ruptures à l’infini »

Si le problème semble résolu, pour les associations reste la question du monopole du misoprostol, Nordic Pharma étant l’unique laboratoire pharmaceutique à commercialiser ce médicament sous brevet. 

L’absence de génériques est un problème pour les patientes, a estimé la rapporteure de la commission d’enquête Laurence Cohen.

« Aujourd’hui les formes de misoprostol en pénuries sont sous brevets exclusifs de Nordic pharma », avaient alerté quelques jours auparavant dans un communiqué de presse le Planning familial, le Collectif avortement Europe, et l’OTMeds.

Les associations appellent les autorités françaises à délivrer des licences d’office afin d’autoriser la production de génériques et leurs importations depuis des pays tiers producteurs. 

« Ce monopole fait qu’il n’existe en effet ni produit générique ni alternative médicamenteuse en Europe. Cette situation nous expose à une répétition de ce type de ruptures à l’infini », peut-on encore lire dans le communiqué. 

Pour l’OTMeds, il est nécessaire d’avoir « une production locale, diversifiée, au moins en partie publique ». 

Le 19 avril dernier, le ministre de la Santé François Braun avait réagi face aux tensions d’approvisionnements croissantes du misoprostol en déclarant qu’une remise à disposition serait disponible d’ici la fin du mois d’avril. 

Mais selon des antennes locales du Planning familial, il subsiste encore des pénuries de pilules abortives dans le Nord, en Île-de-France et en région Occitanie. 

« Toute restriction d’accès aux médicaments utilisés pour les IVG est une restriction de l’accès à l’IVG », ont conclu les associations qui ont lancé une pétition pour que l’état d’urgence sanitaire en matière d’accès à l’avortement soit reconnu.