Juillet 2023 devrait être le mois le plus chaud jamais enregistré

Le mois de juillet 2023 a battu de nombreux records de température et sera probablement le mois le plus chaud jamais enregistré, selon l’Organisation météorologique mondiale des Nations unies et le Service Copernicus concernant le changement climatique financé par l’UE.

Euractiv.com
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Ces températures élevées sont liées à des vagues de chaleur qui ont déferlé sur de grandes parties de l’Amérique du Nord, de l’Asie et de l’Europe et sont dues au changement climatique provoqué par l’Homme. [<a href="https://epaimages.com/" target="_blank" rel="noopener">EPA-EFE/Damianidis Lefteris</a>]

Le mois de juillet 2023 a battu de nombreux records de température et sera probablement le mois le plus chaud jamais enregistré, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies et le Service Copernicus concernant le changement climatique (C3S), un organisme financé par l’Union européenne.

Les trois premières semaines de juillet ont été les plus chaudes jamais enregistrées et il est « pratiquement certain » que ce mois sera le mois le plus chaud jamais enregistré en général, et ce « avec une marge considérable », ont déclaré les organisations dans un communiqué conjoint jeudi dernier (27 juillet).

Ces températures élevées sont liées à des vagues de chaleur qui ont déferlé sur de grandes parties de l’Amérique du Nord, de l’Asie et de l’Europe et sont dues au changement climatique provoqué par l’Homme.

« Les températures record s’inscrivent dans la tendance à l’augmentation radicale des températures mondiales », a déclaré Carlo Buontempo, directeur du C3S.

« Les émissions anthropiques [liées à l’activité humaine, NDLR] sont en fin de compte le principal moteur de cette hausse des températures », a-t-il ajouté.

Les gaz, tels que le dioxyde de carbone et le méthane, ont un effet réchauffant sur la planète en raison de leur capacité à piéger la chaleur. La quantité croissante de ces gaz dans l’atmosphère, due à l’utilisation de combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz, est à l’origine du réchauffement de la planète.

L’utilisation des combustibles fossiles doit être réduite au niveau mondial pour éviter un changement climatique radical, qui entraînerait davantage de vagues de chaleur, de feux de forêt, de sécheresses et d’inondations, et aurait un impact significatif sur l’accès à la nourriture et à l’eau.

Toutefois, la crise climatique se fait déjà ressentir dans de nombreux domaines, ce qui nécessitera des mesures d’adaptation, notamment la préparation des villes aux vagues de chaleur et aux inondations.

« Un avant-goût de l’avenir »

Le mois de juillet a été marqué par des feux de forêt, des inondations et des vagues de chaleur dans le monde entier. En Europe, la Grèce, l’Italie et l’Espagne, ont été particulièrement touchées par les incendies, et des îles grecques comme Corfou et Rhodes ont dû être évacuées. Et les scientifiques préviennent que ce n’est que le début.

« Les conditions météorologiques extrêmes qui ont affecté des millions de personnes en juillet sont malheureusement la dure réalité du changement climatique et un avant-goût de l’avenir », a déclaré Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM.

« La nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est plus pressante que jamais. L’action en faveur du climat n’est pas un luxe, mais un impératif », a-t-il ajouté.

De même, le commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, a commenté les températures record en déclarant que « la science parle d’elle-même ».

« Il n’y a pas de solutions magiques à la crise climatique. Mais il est possible de s’y attaquer si nous donnons la priorité au Pacte vert pour l’Europe [Green Deal] de manière cohérente dans tous les pays d’Europe et du monde », a-t-il indiqué sur Twitter.

Juillet 2023 n’est qu’un début

Cette année, le 6 juillet est devenu le jour le plus chaud jamais enregistré, ce qui signifie que la température moyenne journalière de l’air à la surface du globe a dépassé le précédent record, établi en août 2016. Les journées qui l’ont précédé étaient également très proches de ce record.

Par ailleurs, au cours de la première et de la troisième semaine de juillet, la température moyenne mondiale a temporairement dépassé de 1,5 °C les niveaux préindustriels. C’est le niveau auquel les pays visent à limiter le réchauffement climatique dans le cadre de l’Accord de Paris.

Cela ne signifie pas que le monde dépassera de manière permanente le niveau de réchauffement de 1,5 °C défini dans l’Accord de Paris, car il s’agit d’un réchauffement à long terme sur plusieurs années.

Selon les prévisions de l’OMM, il y a 98 % de chances qu’au moins l’une des cinq prochaines années soit la plus chaude jamais enregistrée et 66 % de chances de dépasser temporairement 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels pendant au moins l’une de ces cinq années.

L’année 2023 a également suscité des inquiétudes concernant les vagues de chaleur océaniques, qui peuvent anéantir la vie aquatique et interrompre les schémas migratoires, tout en ayant un impact sur les régimes climatiques et les communautés côtières. À partir du mois de mai, la température moyenne de la surface de la mer a atteint des niveaux sans précédent pour cette période de l’année.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]