Juncker défend bec et ongles son agenda migratoire face aux États membres
L'exécutif européen ne changera pas d'avis sur ses propositions pour répartir plus équitablement les demandeurs d'asile en UE, malgré l'opposition de certains États membres, a prévenu Jean-Claude Juncker lors des Journées européennes du développement.
L’exécutif européen ne changera pas d’avis sur ses propositions pour répartir plus équitablement les demandeurs d’asile en UE, malgré l’opposition de certains États membres, a prévenu Jean-Claude Juncker lors des Journées européennes du développement.
Les Journées européennes du développement (JED) qui se sont tenues à Bruxelles les 3 et 4 juin ont pris des airs de conseil de discipline pour les États membres, taclés par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur leur attitude face aux enjeux migratoires et à la politique de développement.
Dans son discours lors de la cérémonie d’ouverture, Jean-Claude Juncker a rappelé aux différents pays européens que la politique de développement n’était « pas un exercice de charité », et dénoncé l’attitude de certains Etats. « Les problèmes des pays sous-développés sont aussi nos problèmes », a-t-il insisté.
« Il s’agit de mettre en place un partenariat aux bénéfices mutuels. Nous devons rejeter l’idée d’un monde bipolaire, dans lequel certains vont de l’avant, et d’autres stagnent. Des êtres humains se couchent le soir en ayant le ventre vide et un tiers de la population urbaine vit dans des bidonvilles, c’est inacceptable », a déclaré Jean-Claude Juncker.
Cette neuvième édition des JED, un évènement majeur qui rassemble sur deux jours les gouvernements, la société civile et autres parties prenantes actives dans le domaine du développement.
Pression sur l’agenda migratoire
Le président Juncker a particulièrement insisté sur la question migratoire. Un sujet sensible sur lequel la Commission fait face aux réticences des plusieurs gouvernements.
« Je note en passant que l’enthousiasme des États membres pour partager l’effort que nous demandons n’est pas époustouflant, mais la Commission ne changera pas ses idées en matière d’immigration illégale et d’immigration légale », a ajouté Jean-Claude Juncker.
Selon lui, il s’agit encore une fois de respecter les droits de l’homme puisque les immigrants qui quittent leur pays pour des raisons économiques ou politiques ont le droit au respect de sa dignité.
Le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, dont le pays doit prendre la présidence tournante de l’UE à la fin du mois, a vigoureusement soutenu son compatriote et prédécesseur.
Il s’est dit « choqué » des récentes évolutions, faisant ainsi allusion à la réaction des États membres face aux propositions la Commission sur la migration.
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« Comment pouvons-nous imaginer que des gens quittent leur pays et prennent le risque de se noyer dans la Méditerranée par plaisir ? Ces gens quittent leur pays, car ils n’ont pas de perspectives et fuient la mort et la guerre. Maintenant, en Europe, quand on parle de quotas, certains pays commencent à dire dès le départ « je n’en veux pas », a-t-il souligné.
« On ne peut pas parler de futur, on ne peut pas parler de dignité, si des vies humaines sont laissées au choix d’un calcul qui sera fait au sein du Conseil, et je demande à chacun de prendre ses responsabilités et de montrer sa solidarité », a déclaré le Premier ministre du Luxembourg dans un discours prononcé avec ferveur.
Les propositions de la Commission doivent à présent être adoptées par le Conseil, qui vote à la majorité qualifiée, après consultation du Parlement européen. Les États membres ayant décidé de ne pas participer au programme ne prendront également pas part au vote.
Londres et Dublin ne s’intègrent en effet au volet justice et affaires intérieures de l’UE que sur la base d’une option de participation, alors que Copenhague bénéficie d’une clause d’exemption.
Pression sur l’aide au développement
Face à l’instabilité provoquée par la question migratoire dans les pays en développement et aux frontières européennes, Jean-Claude Juncker a qualifié de « scandaleux » le fait que plusieurs États membres ont réduit le volume de leur aide publique au développement (APD).
Il a ajouté que ce n’était pas le cas du pays qu’il connaissait le mieux, à savoir le Luxembourg dont il a été Premier ministre entre 1995 et 2013.
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Le président de la Commission a rappelé que lorsqu’il était encore un jeune ministre du budget, l’APD du Luxembourg se situait à 0,17 % et qu’elle dépassait aujourd’hui 1 %. Il a remercié son successeur, le Premier ministre Xavier Bettel, de poursuivre sur cette voie.
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L’idée selon laquelle il faut réduire l’APD à cause de la crise et des restrictions budgétaires est erronée. Les pays européens doivent corriger et augmenter leur aide publique au développement, a exhorté Jean-Claude Juncker.