Juncker demande une taxe exceptionnelle sur les bénéfices du pétrole [FR]

La suggestion du Premier ministre luxembourgeois, président de l'Eurogroupe, de taxer les bénéfices imprévus des compagnies pétrolières réalisés grâce à la hausse des prix du pétrole n'a trouvé qu'un soutien modéré lors d'une réunion des ministres européens des finances.

La suggestion du Premier ministre luxembourgeois, président de l’Eurogroupe, de taxer les bénéfices imprévus des compagnies pétrolières réalisés grâce à la hausse des prix du pétrole n’a trouvé qu’un soutien modéré lors d’une réunion des ministres européens des finances.

Vendredi 5 mai 2006, les ministres européens des finances ont conclu une réunion de deux jours par un débat portant sur l’éventuelle instauration d’une taxe exceptionnelle sur les bénéfices records des grandes compagnies pétrolières.

Une telle proposition n’a que peu de chances de passer puisque l’unanimité est nécessaire pour toutes les questions fiscales. Cependant, le fait que les ministres des finances aient évoqué cette éventualité reflète les préoccupations croissantes des ministres européens des finances au sujet de la hausse des prix à la pompe.

Selon Bloomberg, les prix du pétrole ont grimpé de 43% au cours des douze derniers mois, les cinq principales compagnies pétrolières enregistrant un chiffre d’affaires record de 29 milliards de dollars au premier trimestre 2006.

S’adressant aux journalistes lors d’une conférence de presse, M. Juncker a déclaré : « Il semble y avoir un certain niveau d’irritation dans l’opinion publique » du fait des bénéfices records réalisés par les compagnies pétrolières. Toutefois, « nous en sommes seulement au début de nos réflexions », a-t-il tempéré.

Le ministre autrichien des finances, Karl-Heinz Grasser, qui préside actuellement les réunions du Conseil des ministres européens de l’économie et des finances, a affirmé que la proposition « méritait réflexion ». Il a cependant précisé que « cela doit être fait à l’échelle mondiale » et ce sans provoquer de distorsions de la concurrence entre les Etats-Unis, l’UE et l’Asie. Selon Reuters, la France n’a pas non plus exclu l’idée mais d’autres pays comme les Pays-Bas et la Grèce y sont fermement opposés.

Les bénéfices exceptionnels dégagés dans le secteur pétrolier reflètent ceux des services publics du secteur électrique qui ont profité du marché européen du CO2 lancé il y a un an. Le WWF a récemmment calculé que les services publics allemands devraient réaliser des bénéfices exceptionnels compris entre 31 et 64 milliards d’euros jusqu’à fin 2012, grâce aux allocations relatives au carbone libre.