L’Allemagne demande à l’Espagne de ne pas solliciter de renflouement pour l’instant

L’Espagne s’apprête à demander un renflouement à la zone euro dès la semaine prochaine, mais l’Allemagne affirme qu’elle devrait attendre, ont expliqué des fonctionnaires européens hier (1er octobre).

EURACTIV.fr / Reuters
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L’Espagne s’apprête à demander un renflouement à la zone euro dès la semaine prochaine, mais l’Allemagne affirme qu’elle devrait attendre, ont expliqué des fonctionnaires européens hier (1er octobre).

 

Le dernier rebondissement en date dans la crise de la dette souveraine qui dure depuis trois ans découle de la pression exercée sur Madrid par les marchés financiers et certains de ses partenaires européens. Ils exigent en effet que l'Espagne demande à bénéficier d’un plan de sauvetage qui permettrait à la Banque centrale européenne d'acheter des obligations du pays.

 

« Les Espagnols étaient un peu hésitants, mais ils sont maintenant prêts à demander de l'aide », a déclaré une éminente source de l'UE. Trois autres sources haut placées de la zone euro ont confirmé le changement de position de l'Espagne, sous le couvert de l'anonymat, car elles ne sont pas autorisées à parler de ce dossier.

 

Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, a quant à lui déclaré que l'Espagne prenait toutes les mesures nécessaires pour surmonter ses problèmes financiers et qu'elle n'avait pas besoin de renflouement. Il a soutenu que les investisseurs reconnaitraient et récompenseraient les réformes de l'Espagne en temps voulu.

 

En privé, plusieurs diplomates européens et une éminente source allemande ont indiqué que la chancelière, Angela Merkel, préférerait éviter de présenter au parlement, de plus en plus réticent, d'autres renflouements individuels pour des pays de la zone euro en difficulté.

 

« Cela n'a pas de sens d'envoyer une par une au Bundestag des décisions imminentes sur Chypre, la Grèce et probablement l'Espagne », a déclaré cette source allemande. « D’un point de vue politique, mieux vaut les présenter toutes ensemble, vu leur contenu. »

 

Des participants à la réunion des ministres de la zone euro à Chypre à la mi-septembre ont indiqué que les discussions étaient tendues lorsque M. Schäuble a annoncé à ses collègues que Berlin ne pourrait pas présenter au parlement un autre renflouement en faveur de l'Espagne, si peu de temps après que les législateurs ont approuvé une aide de 100 milliards d'euros pour sauver les banques espagnoles en juillet dernier.

 

Interrogé sur les rumeurs selon lesquelles l'Allemagne exhorterait l'Espagne à attendre, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré à Reuters : « Chaque pays décide par lui-même. L'Allemagne ne pousse pas dans une direction ou dans une autre. »

 

Une porte-parole du premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a déclaré qu'elle n'était pas au courant d’un éventuel véto de l'Allemagne contre une demande d'aide.

 

« Nous nous concentrons sur la mise en application des décisions prises lors du sommet sur l'union bancaire en juin dernier. Cela enverrait un message rassurant aux marchés », a-t-elle ajouté en faisant allusion à la décision de l'UE de centraliser la surveillance des plus grandes banques pour éviter la répétition d'une crise qui prendrait racine dans le système bancaire.

 

Olli Rehn rencontre les fonctionnaires espagnols

 

Des sources de l'UE ont expliqué que le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, devrait faire passer un message aux dirigeants espagnols lundi : Bruxelles souhaite que les Espagnols demandent de l'aide rapidement et n'imposera pas de conditions onéreuses en plus des réformes et des mesures d'économie prévues par le gouvernement espagnol.

 

Bruxelles souhaite éviter un nouveau paroxysme de la crise de la dette en aidant l'Espagne avant qu'elle ne soit écartée du marché des obligations financières, afin que la crise ne se propage pas en Italie et dans d'autres pays de la zone euro.

 

M. Rehn a rencontré le premier ministre, Mariano Rajoy, et le ministre de l'économie, Luis de Guindos, à Madrid. Il a ensuite affirmé que  tous les gouvernements de la zone euro connaissaient les conditions d'un programme d'aide.

 

« Les conditions s'appuieraient sur les recommandations spécifiques à chaque pays, définies pour les 27 États membres en juillet dernier. Il y aurait également un ensemble clair de priorités politiques et des délais précis sur la base de ses recommandations », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

 

Les fonctionnaires de la zone euro envisagent une ligne de crédit assortie de conditions renforcées qui permettrait à l'Espagne de rester sur les marchés du crédit, avec le soutien du fonds de sauvetage de la zone euro sur le marché primaire des obligations et celui de la BCE sur le marché secondaire.