L'augmentation des prix de l'alimentation suscite les craintes d'une nouvelle crise

La semaine dernière, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a attiré l'attention sur les prix records atteints par les produits alimentaires le mois dernier. Cette annonce a suscité un certain malaise et des craintes quant à l'inflation, au protectionnisme et à une demande réduite de la part des économies émergentes.

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La semaine dernière, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a attiré l'attention sur les prix records atteints par les produits alimentaires le mois dernier. Cette annonce a suscité un certain malaise et des craintes quant à l'inflation, au protectionnisme et à une demande réduite de la part des économies émergentes.

Selon l'indice des prix alimentaires de l'ONU, les prix de décembre 2010 ont dépassé ceux de 2008 lorsque des pics des prix avaient déclenché de violentes protestations en Amérique latine, en Afrique et en Asie. Cette crise avait alors montré l'impact immédiat de l'augmentation du prix des denrées alimentaires de base sur les populations les plus pauvres du monde.

L'indice des prix alimentaires de l'ONU, qui reprend le prix de gros de plusieurs produits agricoles comme le blé, le maïs, le riz, les graines oléagineuses, les produits laitiers, le sucre et la viande a augmenté de 32 % au cours du second semestre de 2010, de 167 en juillet à 215 en décembre.

Suite aux sécheresses et aux inondations qui frappent les récoltes à travers le monde, les prévisionnistes annoncent de nouvelles augmentations des prix en 2011. 

Une réforme de la PAC pour gérer les problèmes d'approvisionnement en Europe

La Commission européenne affirme qu'une seule cause ou qu'une simple explication ne peut suffire à justifier l'augmentation des prix de l'alimentation. Selon elle, ces pics sont dus à des facteurs tels que l'accroissement de la demande mondiale, les mauvaises récoltes dans les pays exportateurs, les interdictions d'exporter et la spéculation.

Le commissaire européen chargé de l'agriculture, Dacian Ciolo?, a expliqué que l'augmentation des prix de l'alimentation révélait l'importance d'une Politique agricole commune (PAC) forte et a laissé entendre qu'un des principaux objectifs des discussions sur la PAC post-2013 devrait être une « production alimentaire durable ».

« Un approvisionnement suffisant en denrées sûres dans le contexte d'une demande mondiale croissante, d'une crise économique et d'une volatilité des marchés beaucoup plus importante, est fondamental et sera l'un des principaux éléments que la Commission analysera lorsqu'elle formulera ses propositions pour la future PAC en milieu d’année », a-t-il ajouté.

Le G20 s’apprête à discuter de la question des prix

Le Groupe des 20 premières économies mondiales, qui se réunira à Paris les 27 et 28 janvier, discutera des moyens de combattre l’augmentation des prix de l’alimentation par une coopération mondiale, dans le but d’éviter le même scénario qu’en 2008.

Les décideurs politiques craignent qu’en l’absence d’action, l’augmentation des prix de l’alimentation ne favorise l’inflation, le protectionnisme et un certain malaise, ce qui engendrerait une instabilité sociale et économique.

Le G20 appréhende également que l’augmentation des prix de l’alimentation ne retarde le redressement de la situation financière de par un déclin de la demande des consommateurs dans les économies émergentes en pleine croissance, qui constituent le moteur de la reprise économique mondiale.

M. Ciolo?, le commissaire européen chargé de l'agriculture, a favorablement accueilli une décision de la France, qui est actuellement à la tête du G20, de mettre le thème de la volatilité des prix à l’ordre du jour du sommet parisien. Le commissaire a en effet l’intension de participer activement à ces discussions.

Émeutes en Algérie et en Tunisie

La publication des nouveaux chiffres de l’ONU a coïncidé avec la décision de jeunes Algériens de descendre dans la rue la semaine dernière, pour protester contre le chômage et l’inflation. Les émeutes ont commencé mercredi, déclenchées par une nette envolée des prix des denrées de bases comme le lait, le sucre et la farine.

Selon les communiqués de presse, la situation est revenue à la normale dimanche, après une promesse du gouvernement de suspendre les taxes douanières et la taxe sur la valeur ajoutée sur les importations de sucre et d’huile de cuisson pour réduire le prix des denrées alimentaires de base.

Une vague de protestation sans précédent a également lieu en Tunisie, entraînée par les prix élevés de l’alimentation et le chômage.