L’austérité sème aussi le trouble en République tchèque

Le gouvernement a refusé de signer le traité budgétaire européen. Le pays connaît malgré tout une crise en raison des coupes budgétaires. 100 000 personnes étaient dans les rues de Prague, samedi 21 avril.

EURACTIV.fr

Le gouvernement a refusé de signer le traité budgétaire européen. Le pays connaît malgré tout une crise en raison des coupes budgétaires. 100 000 personnes étaient dans les rues de Prague, samedi 21 avril.

Le gouvernement de centre-droit de Petr Necas va solliciter la confiance du parlement après l’éclatement de la coalition au pouvoir en République tchèque. L’annonce a été faite après une réunion du parti du Premier ministre (ODS), lundi 23 avril.

«Le comité exécutif (de l’ODS) soutient (…) (ma) décision de demander vendredi 27 avril à la chambre basse du parlement d’accorder un vote de confiance au gouvernement», a dit Petr Necas au cours d’une conférence de presse. 

Régime sec

La coalition gouvernementale qui réunit deux partis de droite, l’ODS de Petr Necas et le TOP09, et la formation centriste Affaires publiques (VV), s’est auto-dissoute.

Cette décision intervient après qu’une manifestation contre les mesures d’austérité, décidées par le gouvernement, ait rassemblé plus de 100 000 personnes à Prague, samedi 21 avril.

>>> Récit de la mobilisation dans les rues de la capitale tchèque sur Radio Prague

Un objectif de déficit budgétaire de 2,9% du PIB a été fixé pour 2013, 1,9% pour 2014. Ces choix sont justifiés par le ralentissement de la croissance et du vieillissement de la population, indiquait le gouvernement. Selon les sondages, les deux tiers des Tchèques sont favorables à la démission du Premier ministre.

Instabilité chronique

Malgré l’éclatement de la coalition tripartite, le gouvernement a de bonnes chances d’obtenir la confiance du Parlement et d’être reconduit.

Une faction dissidente au sein de la formation à l’origine de cet éclatement a assuré qu’elle devrait apporter au gouvernement les 10 voix nécessaires pour obtenir le soutien de la majorité des 200 députés.

L’instabilité politique de la République tchèque est chronique. La coalition au pouvoir est ébranlée depuis deux ans par des scandales de corruption et des dissensions internes. Les ministres du parti Affaires publiques ont déjà menacé début avril de démissionner si le chef du gouvernement ne répondait pas à leurs exigences, qui portent notamment sur une réforme judicaire et un remaniement ministériel. 

De leur côté, les syndicats cherchent à maintenir la pression sur le gouvernement. Ils n’excluent pas d’organiser prochainement une grève générale.