L’austérité va freiner la croissance

Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, une politique budgétaire neutre aurait permis une reprise économique plus vigoureuse en France et en Europe.

EURACTIV.fr
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Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques, une politique budgétaire neutre aurait permis une reprise économique plus vigoureuse en France et en Europe.

La cure d’austérité et la hausse des matières vont empêcher la France de rattraper, à partir de 2012, son retard de production accumulé depuis 2008, selon les prévisions de l’OFCE pour 2011-2012 en France, en Europe et dans le monde, présentées, jeudi 14 avril.  

Au contraire, estime le centre de recherche, une politique budgétaire neutre aurait permis une reprise plus vigoureuse de la croissance en France : 3,2% en 2011 et 2,7% en 2012. Or, selon ses prévisions, celle-ci n’atteindra que 1,4% cette année et 1,7% en 2012, et le chômage devrait poursuivre sa progression.

Ces chiffres sont d’ailleurs bien inférieurs à ceux annoncés par la ministre de l’Économie et des finances, Christine Lagarde, qui table sur une progression de 2% pour cette année et 2,5% pour 2012. 

Le regain de l’inflation lié à la hausse des matières premières et cumulé aux restrictions budgétaires affectera en premier lieu le pouvoir d’achat des ménages  français, estime l’observatoire. Pourtant, la consommation avait été au cœur du plan de relance de l’économie entre 2009 et 2010.

Selon l’OFCE, les acquis de cette relance sont pour l’instant trop fragiles. La baisse récente du taux de chômage ne pourra se poursuivre avec l’application de mesures restrictives, car la population active va augmenter avec le recul de l’âge de départ à la retraite et la suppression des départs anticipés pour les seniors.

« Syndrôme du poisson rouge »

Les restrictions budgétaires imposées aux pays de la zone euro, plus sévères qu’aux États-Unis ou au Japon, limiteront donc les effets positifs de la relance économique, estiment les analystes. 

Cette tendance à l’austérité est impulsée par la pression des marchés mondiaux et européens qui souhaitent le retour de la confiance dans les économies des États. « C’est dans la zone euro que cette pression est la plus forte, a estimé le directeur adjoint de l’OFCE, Eric Heyer. La Commission européenne a imposé un système de sanctions contre les déficits excessifs. Les États les plus faibles, comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal, ont mis en place des plans d’austérité pour faire face à un endettement préoccupant. Mais les autres pays, comme le Royaume-Uni par exemple, l’ont fait par crainte.»

Aujourd’hui, la dette publique pose un problème inquiétant, et doit être réduite par des mesures drastiques. Mais, c’est en rachetant les dettes du secteur bancaire, et donc en gonflant les déficits publics, que les pays ont pu sortir de la crise, rappelle l’OFCE. « Ils ont oublié que notre situation budgétaire actuelle est un choix délibéré, [ils sont] incapables de mémoire longue, comme un poisson rouge, ils tournent en rond « , a déclaré l’économiste Xavier Timbeau.