L'économie de la zone euro se contracte au second trimestre
L'économie de la zone euro ravagée par l'endettement s'est contractée au second trimestre après avoir stagné les trois premiers mois de l'année, et ce malgré la croissance de l'Allemagne qui, selon les économistes, pourrait de toute façon bientôt s'essouffler.
L'économie de la zone euro ravagée par l'endettement s'est contractée au second trimestre après avoir stagné les trois premiers mois de l'année, et ce malgré la croissance de l'Allemagne qui, selon les économistes, pourrait de toute façon bientôt s'essouffler.
Selon des données publiées aujourd'hui (14 août), l'économie de la zone euro s'est contractée de 0,2 % au second trimestre de cette année. L’Allemagne a non sans difficulté enregistré une croissance de 0,3 %, légèrement supérieure aux prévisions.
Le pire reste à venir selon les économistes, et même l'économie de l'Europe au sens large devrait peiner à s'en sortir si aucune initiative décisive n'est prise pour enrayer la crise de la dette qui secoue la zone euro.
« La croissance s'est avérée plutôt solide, mais cela pourrait bien être la dernière bonne nouvelle pour l'Allemagne avant un long moment », a déclaré Jörg Krämer de la Commerzbank. « L'économie allemande pourrait se contracter pendant l'été. Elle est en bonne forme d'un point de vue structurel, mais elle ne peut se dissocier de la récession qui frappe la zone euro. En outre, l'économie mondiale a également fléchi. »
Mise à part la débâcle des trois derniers mois de 2011, la zone euro a enregistré une croissance plutôt régulière, si ce n'est faible, au cours des trois dernières années, bien que certains de ses membres soient touchés par la récession depuis un moment.
« C'est un peu mieux que ce que nous avions prévu, mais je pense que dans l'ensemble, l'idée que la zone euro traverse une phase de récession est confirmée », a expliqué Aline Schuiling, économiste de la banque néerlandaise ABN AMRO.
« Ces données reflètent le cercle vicieux provoqué par les coupes budgétaires, les taux d'intérêt élevés en périphérie et la dette souveraine croissante », a-t-elle précisé. « Les décideurs politiques progressent très lentement. Les perspectives de croissance dans la zone euro sont limitées. Nous prévoyons d’ailleurs une nouvelle contraction au troisième trimestre. »
Pour la France, il s'agissait du troisième trimestre consécutif de croissance nulle. La banque centrale a déjà fait savoir qu'elle prévoyait une faible contraction pour le troisième trimestre.
« Ces chiffres ne sont pas excellents. En même temps, je constate que la France n'est pas en récession, contrairement à la plupart de ses partenaires », a déclaré le ministre des finances, Pierre Moscovici, sur les ondes d'Europe 1.
L’Autriche et les Pays-Bas ont presque égalé les performances de l'Allemagne, avec une croissance de 0,2 %. Certains économistes interrogés par Reuters avaient pourtant prévu une contraction de 0,3 % de l'économie néerlandaise.
La Finlande, l'un des alliés nordiques de l'Allemagne en faveur des mesures d'austérité, a subi une baisse de 0,7 % de son PIB en glissement annuel.
Double coup dur pour les économies en difficulté
Pour les membres de la zone euro les plus exposés à la crise de la dette, le tableau est de plus en plus sombre. Les recettes fiscales fondent à mesure que les économies se contractent, ce qui rend encore plus difficile la lourde tâche de combler les déficits.
Cette situation n'a fait qu'intensifier le débat sur l'utilité des mesures d'austérité, au sein de l'Europe aussi bien qu'à l'extérieur.
La récession traversée par le Portugal, un pays renfloué, s'est approfondie lorsque le PIB du pays a diminué de 1,2 % ce trimestre. L’économie chypriote s'est quant à elle contractée de 0,8 %.
Les chiffres publiés lundi ont prouvé que les mesures de réduction du déficit en Grèce avaient contribué à la contraction de l'économie du pays de 6,2 % en glissement annuel au second trimestre. Selon les économistes, ce déclin devrait se poursuivre à mesure que le gouvernement se démène pour assurer des réductions supplémentaires de plusieurs milliards d'euros dans le but de continuer à recevoir des fonds de sauvetage.
Pour l'Italie, les chiffres du second trimestre dévoilés la semaine dernière ont montré que son économie s'était contractée de 0,7 % en glissement trimestriel, ce qui ne fait qu'aggraver le cas du gouvernement technocrate de Mario Monti qui tente d'éviter un renflouement.
Quant à l'économie espagnole, elle s'est contractée de 0,4 % sur la même période selon des chiffres publiés il y a deux semaines, une situation qui ne devrait faire qu'accentuer sa récession.