L'embargo fait grimper les prix alimentaires en Russie

L'embargo russe sur les denrées alimentaires occidentales a déjà des répercussions sur les prix.

EURACTIV.com
Rappel de l’ère soviétique. Les consommateurs russes peuvent s’attendre à des rayons vides dans les supermarchés après l’embargo russe. [Shutterstock]
Rappel de l'ère soviétique. Les consommateurs russes peuvent s'attendre à des rayons vides dans les supermarchés après l'embargo russe. [Shutterstock]

L’embargo russe sur les denrées alimentaires occidentales a déjà des répercussions sur les prix.

Décrié par les agriculteurs européens, l’embargo sur les produits alimentaires européens décrété par la Russie a pour l’heure surtout un impact pour les consommateurs russes. Les responsables politiques russes estiment que le prix des poissons surgelés a augmenté de 6 % à Moscou depuis le 7 août, selon la BBC. Il en va de même pour le lait (5,3 %) et le fromage (4,4 %).

La Russie a interdit l’importation de denrées alimentaires de base, comme la viande, en provenance des pays occidentaux, de l’Australie et du Japon.

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Cette punition est une réponse aux sanctions économiques envers la Russie, accusée par l’Occident d’avoir été à l’origine de la rébellion prorusse dans l’est de l’Ukraine.

 Sur l’île de Sakhalin, les responsables russes ont indiqué que le prix des cuisses de poulet avait grimpé de 60 %. Avant ces sanctions, le poulet était la viande la moins chère et la plus populaire en Russie. Dans la région de Primorié, le prix du poisson aurait également augmenté de 40 %  en quelques semaines.

Les réseaux sociaux russes sont remplis de photos montrant de rayons vides dans les supermarchés de Moscou. Les produits laitiers étrangers étaient notamment présents en abondance dans les rayons.

Les autorités assurent néanmoins que les stocks importés avant l’interdiction permettent de tenir au moins un mois. D’ici là, les produits européens auront été remplacés par des produits argentins, brésiliens, égyptiens ou turcs, ont-ils assuré. Selon d’autres spécialistes, ces nouveaux approvisionnements n’empêcheront pourtant pas une flambée des prix.

« Le prix de la viande brésilienne pour le mois de septembre est déjà 20 à 30 % plus élevé qu’en août. Ne laissez pas reposer vos espoirs sur le Brésil, ce n’est que le début d’une hausse généralisée des prix », a assuré Sergeï Yushin, le directeur de l’association russe des fournisseur de viande, au quotidien économique Vedomosti.

Souvenir de l’air soviétique

Les autorités russes ont déjà promis qu’elles surveilleraient de près les prix de l’alimentation et qu’elles sanctionneraient toute personne qui tenterait illégalement de tirer profit de la situation. « Spekulyanty », le terme usité sous l’ère soviétique qui signifie « spéculateurs sur le marché noir », a fait sa réapparition.

Du temps de l’Union soviétique, les rares produits occidentaux vendus dans les commerces atteignaient des prix inabordables, et bon nombre de denrées alimentaires ou non étaient en quantité insuffisante. Certains économistes russes préviennent que le pays pourrait être confronté à de véritables pénuries, un rappel de l’ère soviétique.

Le prix de certains aliments interdits, dont le porc ukrainien et les pommes de l’UE, a augmenté d’environ 20 % depuis le 7 août.