L'Inde optimiste quant à la conclusion d'un accord de libre échange avec l'UE
L'Inde pense pouvoir conclure un accord de libre échange avec l'Union européenne et exhorte son partenaire de négociation à peaufiner les détails d'une collaboration qui pourrait, selon elle, bénéficier à leurs deux économies en difficulté.
L'Inde pense pouvoir conclure un accord de libre échange avec l'Union européenne et exhorte son partenaire de négociation à peaufiner les détails d'une collaboration qui pourrait, selon elle, bénéficier à leurs deux économies en difficulté.
Les deux parties se sont pas d'accord en ce qui concerne les droits de douane sur les voitures importées (les taxes indiennes sur les voitures européennes sont près de dix fois plus élevées que les taxes européennes sur les véhicules indiens) et l'accès des fabricants de logiciels indiens au marché européen.
« Le secteur des services est très important à nos yeux. Nous reconnaissons l'intérêt de l'UE pour les vins, les spiritueux et les voitures », a déclaré le ministre indien du commerce, Anand Sharma, lors d'une conférence de presse dans la ville belge d'Anvers.
« Il ne s'agit donc pas d'un problème de reconnaissance. Il s'agit juste de peaufiner les détails. Nous n'avons aucun problème de fond […] La plupart des questions ont été réglées, à ma connaissance », a-t-il affirmé en marge du Global India Business Meeting.
M. Sharma a précisé qu'il rencontrerait aujourd'hui (26 juin) le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, pour faire le point sur la situation.
L'Inde, la troisième économie asiatique après la Chine et le Japon, a bénéficié d'une croissance rapide pendant vingt ans grâce à la délocalisation et à son secteur informatique, même si le secteur manufacturier n'a pas connu cet essor. Il a en effet souffert de la bureaucratie et de ses infrastructures bancales.
M. Sharma a expliqué que l'Inde projetait de faire passer de 16 à 26 % du produit intérieur brut la part du secteur manufacturier sur dix ans. Le pays compte en outre investir 1000 milliards de dollars (800 milliards d'euros) dans les infrastructures, et ce en cinq ans.
Le ministre a ajouté qu'il pourrait envisager des investissements d'entreprises étrangères dans ces deux secteurs, notamment pour la construction de nouvelles zones industrielles.
Un accord de libre-échange permettrait aux entreprises indiennes en pleine croissance d'étendre leurs opérations à l'UE, le premier partenaire commercial du pays et acquéreur de plus de 40 milliards de biens et de services indiens en 2010. L'Europe, pour sa part, souhaite avoir accès à ces 1,3 milliard de consommateurs potentiels, un nouveau marché gigantesque.
Les négociations ont débuté en 2007 et les deux parties ont décidé de finaliser un accord de libre-échange d'ici fin 2012, selon M. Sharma.
Le ministre a souligné la nécessité, pour les deux parties de conclure un accord dans ce contexte de crise économique. L'économie européenne devrait stagner ou se contracter légèrement cette année, alors que l'Inde devrait jouir d'une croissance de 6 à 7 %, qualifiée de « déprimante » par M. Sharma, en comparaison avec le taux habituel de 9 %.
« Un accord de libre-échange ambitieux entre l’Union européenne et l’Inde serait le meilleur message à envoyer à l'économie mondiale, en ces temps difficiles », a-t-il conclu.