L'industrie européenne reprend des couleurs, sauf en France
Le secteur industriel de la zone euro a connu sa plus forte croissance depuis plus de deux ans. L'institut Markit est toutefois sévère avec la France dont la situation est jugée décevante.
Le secteur industriel de la zone euro a connu sa plus forte croissance depuis plus de deux ans. L'institut Markit est toutefois sévère avec la France dont la situation est jugée décevante.
Selon l'institut Markit, l'activité industrielle repart, et ce pour la première fois depuis 2009 en zone euro. C'est ce qu'il ressort d'une étude sur le secteur publiée lundi.
La croissance de l'activité reste toutefois faible, et les entreprises continuent de réduire leurs effectifs, note l'institut Markit, qui coordonne ces études. L'indice Purchasing Managers Index (PMI, indice de l'activité manufacturière), pour l'ensemble de la zone euro est monté à 51,6, son meilleur niveau depuis juin 2011, après 51,3 en octobre. Une première estimation « flash » l'avait donné à 51,5.
Le sous-indice mesurant le niveau de production a progressé à 53,1 contre 52,9. Le PMI manufacturier ressort donc pour le cinquième mois consécutif au-dessus de la barre de 50 séparant contraction et croissance de l'activité. La composante des nouvelles commandes à l'exportation a quant à elle atteint 54,0, son plus haut niveau depuis mai 2011.
« L'enquête PMI manufacturier de novembre est globalement une bonne nouvelle, mais montre que la santé économique de la zone euro est encore vacillante. Le principal motif de préoccupation, c'est la France », explique Chris Williamson, chef économiste de Markit. « Il y a de plus en plus de pays du Sud qui déçoivent, notamment la France et l'Espagne, où la rechute est évidente », ajoute-t-il.
« On a regardé les PMI, certains sont meilleurs que d'autres, mais ce que cela semble suggérer, c'est la divergence économique en Europe, ce qui est quelque peu préoccupant », commente Michael Hewson, analyste senior de CMC Markets à Londres.
Malgré la reprise, les licenciements se poursuivent
Le PMI manufacturier français est tombé à 48,4, s'inscrivant pour le 21e mois consécutif sous le seuil de 50. L'indice espagnol, lui, est repassé sous cette barre après trois mois de croissance.
Le contraste avec l'Allemagne est donc de plus en plus net : pour les entreprises industrielles allemandes, novembre a été le mois le plus dynamique depuis la mi-2011, l'indice PMI atteignant 52,7, soit un point de plus qu'en octobre.
À l'échelon de l'ensemble de la zone euro, les commandes à l'export ont enregistré leur plus forte croissance depuis mai 2011.
L'augmentation des carnets de commandes en attente a ainsi atteint son rythme le plus élevé depuis mai 2011. Pour autant, les entreprises ont réduit leurs effectifs globaux pour le 22e mois consécutif.
« L'autre grand sujet de préoccupation : l'emploi continue de reculer, les entreprises cherchant réduisent leurs effectifs pour être plus compétitives. La moindre amélioration de la situation de chômage endémique de la région semble encore terriblement lointaine », estime Chris Williamson.
Les entreprises manufacturières ont néanmoins pu augmenter leurs prix de vente pour le troisième mois consécutif.
La première estimation de l'inflation dans la zone euro en novembre, publiée vendredi, a montré une légère accélération à 0,9 % en rythme annuel, un chiffre encore très loin de celui de 2 % visé par la Banque centrale européenne (BCE).
Parallèlement à la situation contrastée dans la zone euro, la Grande-Bretagne confirme l'accélération de sa reprise: le PMI Markit-CIPS manufacturier a atteint 58,4 après 56,5 en octobre, soit son plus haut niveau depuis février 2011. Le consensus Reuters le donnait à 56,0. Et le sous-indice de l'emploi a bondi de 51,9 en octobre à 54,5, son plus haut niveau depuis mai 2011.