L'UE planche sur la lutte contre le chômage des jeunes et l'aide aux PME

La « flexibilité » devient le mot d'ordre en vue d'adapter le budget européen aux besoins nés de la crise. La Banque européenne d'investissement est également appelée à la rescousse pour aider davantage les PME.

EURACTIV.fr
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La « flexibilité » devient le mot d’ordre en vue d’adapter le budget européen aux besoins nés de la crise. La Banque européenne d’investissement est également appelée à la rescousse pour aider davantage les PME.

Par petites touches, les chefs d’Etat européens tentent de donner une impulsion économique à l’UE, autrement qu’à travers les éléments intangibles du contrôle des budgets.

Mais la marge de manoeuvre est relative. Contrainte par la faiblesse de ses moyens financiers, l’Europe mise avant tout sur la « flexibilité » au sein du futur cadre financier qui démarre en 2014, afin que l’aide financière reflète les nouvelles priorités politiques.

Chômage des jeunes

Ardemment discuté ces derniers mois, le chômage des jeunes est l’enjeu qui « intéresse le plus les Français et les Européens », a relevé François Hollande lors du sommet européen à Bruxelles les 27 et 28 juin. « Tout sera accéléré, anticipé », assure-t-il, pour que les 6 milliards d’euros dédiés aux jeunes chômeurs soient mobilisés en urgence entre 2014 et 2015. 

Simple en apparence, cette opération aboutit à une véritable contorsion financière pour faire sauter les plafonds de dépenses annuels initialement arrêtés par la Commission européenne jusqu’en 2020.

Reste à décliner, pays par pays, le principe de la garantie jeunesse. Expérimenté avec succès en Autriche et en Finlande, cet outil accroît la responsabilité des services publics de l’emploi, sommés d’être plus réactifs.

Objectif : proposer un travail, une formation, un stage ou un apprentissage dans les quatre mois suivant la perte d’emploi ou la sortie du système scolaire des jeunes de moins de 25 ans. Pour le moment, la France a choisi de ne pas imposer ce délai contraignant aux missions locales, qui vont tester ce dispositif en septembre, sur une dizaine de territoires.

300 000 jeunes français de moins de 25 ans seraient susceptibles de bénéficier de l’aide européenne dans les 2 ans, pour un montant évalué à 600 millions d’euros. Mais seuls les territoires les plus handicapés seront retenus. En France, 12 régions ayant un taux de chômage des 15-24 ans supérieur à 25% sont dans ce cas, selon les dernières données d’Eurostat. Outre les quatre collectivités ultramarines, huit régions métropolitaines sont recensées (Champagne-Ardenne, Picardie, Haute-Normandie, Centre, Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine, Auvergne, Languedoc-Roussillon).

8, 9, 12, 18 milliards ?

A elles seules, l’Italie et l’Espagne se prévalent de pouvoir toucher 3,5 milliards d’euros (respectivement 2 et 1,5 milliard), soit plus de la moitié des 6 milliards annoncés…

Le montant global dédié aux jeunes chômeurs fait l’objet de toutes les spéculations. Pour le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le programme pourrait atteindre 8 milliards d’euros, compte tenu du redéploiement des crédits de 2014-2020 qui resteront inutilisés.

La version servie par le président du conseil italien Enrico Letta est légèrement différente. Ses équipes ont fait le calcul et sont formelles : 9 milliards d’euros seront disponibles.

François Hollande grossit encore plus le trait, anticipant une multiplication par deux, voire par trois, de la somme initiale de 6 milliards d’euros. 

Quelle que soit l’ampleur du rehaussement, cette manne pourra couvrir différents besoins liés à la mise en œuvre de la garantie jeunesse : cofinancement de formations, subventions à l’emploi dans le cadre de contrats aidés, etc.

Aide aux PME

Asphyxiées par la crise, les PME pourraient connaître une bouffée d’oxygène grâce à l’augmentation du volume de prêts accordés. Une montée en puissance des garanties publiques provenant de la Banque européenne d’investissement (BEI) et des fonds structurels pourrait concourir à rassurer les banques.

Dans les faits, ce plan d’investissement est toujours à l’étude, car aucune décision n’a été arrêtée à l’issue de la réunion des chefs d’Etat. Ces derniers tiennent cependant à poursuivre les « travaux préparatoires nécessaires pour que ces instruments puissent commencer à fonctionner en janvier 2014 ».

Plus ou moins ambitieux, plus ou moins compliqués, trois scénarios sont examinés. Ils pourraient générer, en fonction des critères retenus, 50 à 100 milliards d’euros de prêts. La BEI pourra atteindre sa force de frappe maximale si les Etats décident de céder une part de leurs fonds structurels pour les mettre dans un pot commun de 10 milliards d’euros.

Cette « panoplie complète » n’est pas forcément l’option encouragée par la France, qui préfère avoir un outil simple et fonctionnel. « A mes yeux, le meilleur instrument est celui qui est mis en œuvre le plus vite possible. A quoi sert d’avoir un mécanisme raffiné, si on met plusieurs années à le mettre en œuvre ? » a interrogé François Hollande. Les Vingt-Sept sélectionneront en octobre l’outil qui leur semble le plus adapté.

Project bonds

Outre les prêts, l’émission d’obligations fait partie des nouveaux outils privilégiés par l’UE pour financer des infrastructures.

Ces project bonds ne font pas recette en France. Aucun n’a été lancé dans l’Hexagone, quand 6 projets vont voir le jour grâce à cet outil dans d’autres pays, dont l’Allemagne.

Pour justifier ce manque de résultats, François Hollande dénonce en filigrane l’impréparation de l’équipe gouvernementale précédente, qui aurait selon lui négligé l’outil : « Nous sommes arrivés l’année dernière. Rien n’était prêt ». Mais les lignes pourraient bouger, car deux projets français seraient en passe d’être financés grâce à ce type d’obligations.