L'UE prépare un « plan B » pour la Grèce

L'Union européenne travaille sur un plan d'urgence pour la Grèce dans le cas où le parlement rejetterait le programme d'austérité et que le pays ne pourrait pas recevoir la prochaine tranche du prêt accordé par l'UE et le FMI. C'est ce qu'ont déclaré trois sources de la zone euro hier (27 juin).

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L'Union européenne travaille sur un plan d'urgence pour la Grèce dans le cas où le parlement rejetterait le programme d'austérité et que le pays ne pourrait pas recevoir la prochaine tranche du prêt accordé par l'UE et le FMI. C'est ce qu'ont déclaré trois sources de la zone euro hier (27 juin).

Ces sources ont affirmé que l'UE se préparait depuis plusieurs semaines et que ce plan B aurait pour but de fournir à la Grèce les liquidités nécessaires pour qu'elle puisse éviter un défaut de paiement, dans le cas où la prochaine tranche de 12 milliards d'euros de son prêt d'urgence ne serait pas versée mi-juillet.

En plus d'éviter un défaut de paiement, l'objectif est d'éviter une contagion de la Grèce à l'Irlande, au Portugal et à l'Espagne, et un effet boule de neige sur le système bancaire européen, dans la mesure où les banques françaises et allemandes détiennent une grande partie de la dette grecque.

Ce plan se distingue de la proposition française d’une implication du secteur privé dans le second programme de renflouement  ; il est en train d'être débattu, même si le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et d'autres hauts fonctionnaires européens se bornent à dire qu'« il n'y a pas de plan B pour la Grèce ».

« On pense à un plan d'urgence depuis quelque temps, quelques semaines », a déclaré à Reuters un éminent fonctionnaire de la zone euro impliqué dans le renflouement de la Grèce. D'autres sources ont ajouté que l'on se préparait activement à l'éventualité d'un rejet du programme d'austérité par le parlement grec (voir « Contexte »).

« Dans ce genre de situation, on ne peut pas se permettre de ne pas penser à ce qui pourrait se passer », a déclaré la première source.

Ces sources n'ont pas souhaité entrer dans les détails de ce plan B, mais ont affirmé que plusieurs options avaient déjà été abandonnées, dont un crédit-relais de l'UE à Athènes.

« Cette option a été débattue il y a quelques jours, avant la réunion de l'Eurogroupe à Luxembourg (19-20 juin), mais j’ai entendu dire qu'elle était aujourd'hui exclue », a expliqué une autre source.

Ces options ne suivront pas l'action des banques, mais le premier ministre britannique, David Cameron, a affirmé la semaine dernière, lors du sommet européen, que les banques devaient consolider leurs bilans et se tenir prêtes à des retombées de la crise grecque.

« Tous les pays européens doivent utiliser le temps à leur disposition pour renforcer leurs banques et les bilans bancaires et s'assurer qu'elles remplissent toutes les exigences afin d’être suffisamment fortes et de pouvoir résister à tout problème », a-t-il déclaré.

« Les banques européennes exposées à la Grèce, toutes les banques… toutes les banques doivent être totalement claires s'agissant de leur exposition ».

Remboursement

La Grèce devra faire face à l'échéance de 2,4 milliards d'euros de bons du Trésor à six mois le 15 juillet, et à 2 milliards d'euros de bons à trois mois une semaine plus tard. En août, 5,9 milliards d'euros d'obligations grecques à cinq ans arriveront à échéance et le Trésor devra refinancer 2,5 milliards d’euros de la dette.

Si le refinancement des dettes n'est pas possible, la zone euro assistera au premier défaut de paiement depuis sa création en 1999.

L'une des sources a déclaré que dans ce cas, un autre prêt serait sans doute concédé par un tiers pour éviter le défaut de paiement, mais elle n'a pas voulu entrer dans les détails.

« Il est difficile à croire qu'aucune banque, qu'aucune institution ne serait prête à accorder un prêt supplémentaire à la Grèce », a expliqué cette source. « Aux conditions adéquates, ce sera possible ».

La Chine a acheté une partie de la dette de la zone euro et les fonctionnaires chinois ont déclaré qu'ils comptaient continuer dans cette voie. Des sources chinoises affirment que le pays reste intéressé par un accroissement de ses investissements en Europe, en achetant par exemple des parts dans des entreprises.

Un mal nécessaire

Le premier ministre grec, George Papandreou, a demandé lundi à tous les partis politiques de soutenir le plan d'austérité sur cinq ans que les bailleurs de fonds internationaux ont défini comme condition à l'octroi d'une aide supplémentaire à la Grèce.

« Ce vote est notre seule chance pour que le pays retombe sur ses pieds », a déclaré M. Papandreou devant les députés au début du débat parlementaire sur le programme d'austérité.

Il a affirmé qu'un vote positif mettrait un terme à l'incertitude qui plane sur l'avenir de la Grèce.

Efstathios Koutmeridis, du parti socialiste au pouvoir, a qualifié ce vote de « mal nécessaire ».

Un homme politique socialiste aurait menacé de voter contre les mesures d'austérité, mais un député conservateur de l'opposition a promis de soutenir le gouvernement.

Lors d'un récent sommet du PPE, les dirigeants des partis européens de centre-droit ne sont pas parvenus à convaincre Antonis Samaras, le leader du parti d'opposition Nouvelle Démocratie, de soutenir le programme d'austérité.

EURACTIV avec Reuters – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet