L’UE prévoit de tenir deux sommets sur la crise économique [FR]
Les leaders européens se réuniront le 1er mars, à Bruxelles, pour une réunion extraordinaire qui vise à répondre à la crise économique et à empêcher l’émergence d’une spirale protectionniste. Un autre sommet, à Prague, traitera des préoccupations grandissantes concernant le chômage, a-t-on appris aujourd’hui (11 février).
Les leaders européens se réuniront le 1er mars, à Bruxelles, pour une réunion extraordinaire qui vise à répondre à la crise économique et à empêcher l’émergence d’une spirale protectionniste. Un autre sommet, à Prague, traitera des préoccupations grandissantes concernant le chômage, a-t-on appris aujourd’hui (11 février).
Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolánek, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a annoncé officiellement la tenue de deux sommets, lors d’une conférence de presse conjointe avec la Commission européenne à Bruxelles.
Le deuxième sommet extraordinaire, qui devrait être tenu par la présidence tchèque à Prague au mois de mai, se concentrera sur le chômage, lequel augmente rapidement dans toute l’Europe dans le sillage de la crise. Le taux de chômage devrait se hisser à 9,3 % dans l’UE et atteindre 10,2 % dans la zone euro, selon les prévisions de la Commission pour 2010.
Les deux sommets informels auront lieu en plus de deux réunions formelles de l’UE déjà annoncées pour la mi-mars et la mi-juin.
M. Topolánek a également repoussé les critiques du président tchèque, Vaclav Klaus, connu pour ses commentaires eurosceptiques, qui a qualifié les sommets d’inutiles. Je ne fais plus attention à de telles remarques, a-t-il indiqué.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’exprimant lors de la même conférence de presse à Bruxelles, a expliqué que l’objectif de la première réunion sera d’élaborer une position commune en vue du G20 au mois d’avril, qui visera à réformer le fonctionnement des marchés internationaux. Le Conseil informel aura lieu une semaine après le mini sommet à Berlin, convoqué par la chancelière allemande Angela Merkel (EURACTIV 03/02/09) et qui regroupera les quatre pays de l’UE qui sont membres du G20, à savoir l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni.
M. Barroso a mis l’accent sur la question financière à laquelle devront répondre les dirigeants le 1er mars, soulignant l’importance de trouver un terrain commun pour aider les banques à recouvrer de la crise. Pour y arriver, il faut que les banques se débarrassent des actifs toxiques qui sont directement liés au marché immobilier américain des subprime et aux ressources qui ont subi des dommages en raison de la crise (actifs dépréciés). Trouver une manière de les définir et un endroit où les allouer seront des éléments essentiels pour trouver un compromis, estime M. Barroso.
Quant à M. Topolánek, il a mis en avant des questions économiques et protectionnistes qui devront être débattues lors du sommet informel. Nous devons évaluer nos plans de relance économique et les ajuster pour éviter l’émergence du protectionniste et des violations des règles en matière d’aide d’Etat, a-t-il relevé.
Faisant référence à un conflit qui l’a opposé au président français, Nicolas Sarkozy, à propos de projets présumés de Paris de rapatrier en France les usines françaises de construction automobile se trouvant en République tchèque, M. Topolánek a déclaré que certains pays pensaient contrer la crise en ne respectant pas les règles communes, alors que d’autres pays non. Son pays faisant partie de ces derniers, a-t-il souligné (EURACTIV 09/02/09).
Pour le plus grand plaisir de M. Topolánek, M. Barroso l’a ouvertement soutenu et a appelé à des actions coordonnées. A cet égard, le président de la Commission a déclaré : « N’essayez pas de faire cavalier seul parce que ce serait tragique pour l’Europe, mais cela aurait aussi des répercussions tragiques pour vous et vos pays. Si un seul pays essaie d’agir seul, alors les autres pourraient faire de même ».
Interrogé par EURACTIV sur la cohérence de la position de son pays par rapport au protectionnisme, la République tchèque accordant aux travailleurs étrangers un billet d’avion et 500 euros pour quitter le pays (EURACTIV 11/02/09), le Premier ministre tchèque a déclaré qu’il ne considérait pas cette action comme du protectionnisme ou une aide d’Etat. Il a souligné plutôt le fait que les travailleurs en question ne détenaient pas de visa et devaient de toute façon quitter le pays.
Au Parlement européen, une position anti-protectionniste s’est de nouveau fait jour hier avec l’approbation par la comité économique d’un rapport rédigé par les socialistes, appelant à la coordination des plans nationaux de relance en vue d’éviter d’entraver la compétitivité mondiale de l’Europe.
Le dirigeant des libéraux au Parlement européen, l’eurodéputé Graham Watson, a établi un lien entre les travailleurs des usines automobiles tchèques et les plombiers polonais, dans la liste des présumés croque-mitaines de la crise économique. Il a appelé à un débat au Parlement sur la tendance dangereuse vers le protectionnisme, se référant au spectre sinistre formé par l’union du populisme et du protectionnisme.