L’UE s’inquiète de l’accès aux matières premières
Les ministres de l’Union européenne ont accordé, jeudi 28 mai, leur soutien à un plan visant à assurer que les industries aient un meilleur accès aux matières premières. Avec la mondialisation, la concurrence pour l’accès aux marchandises telles que les métaux rares s’intensifie.
Les ministres de l’Union européenne ont accordé, jeudi 28 mai, leur soutien à un plan visant à assurer que les industries aient un meilleur accès aux matières premières. Avec la mondialisation, la concurrence pour l’accès aux marchandises telles que les métaux rares s’intensifie.
Une nouvelle stratégie, sur laquelle se sont accordés les ministres européens de l’Industrie, le 28 mai, visera à diminuer la consommation des ressources naturelles par l’augmentation de l’efficacité énergétique et du recyclage.
« L’économie européenne est dépendante d’un certain nombre de matières premières, énergétiques ou non », rappelle le communiqué issu des conclusions du Conseil de l’UE. « Mettre au point une économie de ressource énergétique efficace devrait être l’objectif principal de la politique industrielle européenne ».
En novembre 2008, la Commission avait souligné (voir encadré) la compétition “féroce”des économies émergentes dans les domaines des télécommunications, de l’aérospatiale et des technologies de pointe en général, à laquelle sont confrontées les industries européennes.
La Chine et l’Inde utilisent toujours plus les matières premières d’Afrique et d’Amérique latine, deux régions qui disposent des plus importantes réserves mondiales de minerais et de métaux.
“Diplomatie des matières premières”
“Depuis le début de ce siècle, une hausse forte et imprévue de la demande, résultant essentiellement de la forte croissance des économies émergentes, a entraîné un triplement du prix des métaux entre 2002 et 2008 », soulignait cette communication de la Commission européenne. « La Chine, en particulier, a représenté plus de 50 % de l’augmentation mondiale de la consommation de métaux industriels entre 2002 et 2005. »
Dans cette perspective, les 27 ministres responsables de l’industrie ont décidé que les principes directeurs de l’industrie européenne devraient être de « réduire la consommation d’énergie et l’utilisation des matières premières, supprimer les barrières commerciales pour améliorer l’approvisionnement en matières premières, améliorer l’efficacité énergétique et utilisation rationnelle des ressources, renforcer l’utilisation des sources d’énergies renouvelables et des matières premières secondaires » (produits issus du recyclages des matières premières).
Ils ont également appelé à l’ouverture d’une « diplomatie des matières premières » et invité la Commission à « intensifier le dialogue avec tous les pays tiers concernés et à aborder le sujet dans toutes les enceintes qui s’y prêtent, qu’elles traitent de commerce ou d’autres domaines »
Liste des matières premières « essentielles »
Ils ont également invité l’exécutif européen à achever la liste préliminaire des matières premières considérées comme « essentielles » dans la perspective d’un accord final « avant la fin de l’année 2009 ».
Les technologies de pointe sont associées de manière croissante aux énergies renouvelables et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment dans le domaine des technologies vertes, signalait en novembre la Commission.
Les matières premières considérées comme “potentiellement essentielles” dans le secteur des technologies de pointe dans les pays développés, d’après la communication préliminaire de la Commission, sont notamment le niobium, le platine et le titane (voir l’annexe à l’initiative de la Commission sur les matières premières).
Le platine et le palladium sont par exemple utilisés dans les réservoirs à combustibles des voitures à hydrogène, tandis que le silice, le gallium et l’argent sont utilisés dans les cellules solaires. Les alliages Cuivre-Indium-Gallium-Selenium (CIGS) entrent dans la composition des couches minces des cellules solaires utilisées dans la technologie photovoltaïque. L’indium est utilisé dans la fabrication des microprocesseurs et dans la prochaine génération de puces RFID, qui peuvent être implantées dans toute sorte de produits de grande consommation.
Un rapport rendu par le conseil national de recherche américain en 2008 listait cinq matières premières non énergétiques considérées de « haute nécessité » : indium, manganèse, niobium, métaux rares, et métaux du groupe des platines.
Une étude française a identifié des risques à court et moyen terme liées à l’approvisionnement de certaines de ces matières : antimoine, cobalt, germanium, gallium, indium, lithium, magnesium, molybdène, platine, palladium, rhodium, métaux rares, rhenium, titane, et tungstène.
La Commission avait déclaré que la liste pourrait être augmentée de cinq autres ressources (chromite, manganèse, niobium, tantale et vanadium), incluses dans le rapport américain et dans la politique de stockage du Japon. Ces cinq produits font l’objet d’une forte concentration dans les pays producteurs.
D’après leur communication commune, les ministres de l’UE ne considèrent cette liste de ressources essentielles que comme une « sélection préliminaire », et invitent la Commission « à y revenir dans la perspective de parvenir à un accord avant la fin 2009 ».
CALENDRIER
Avant fin 2009 : la Commission et les États membres doivent trouver un accord sur la liste définitive des matières premières essentielles.