La BCE réagit massivement contre le resserrement du crédit

Alors que la crise du crédit immobilier fait sentir ses effets sur les particuliers en France, la Banque centrale européenne est venue massivement au secours du marché des prêts interbancaires. En attendant la publication des résultats des banques, la crise de confiance sur les marchés financiers est encore en effet très forte et menace la croissance économique.

Alors que la crise du crédit immobilier fait sentir ses effets sur les particuliers en France, la Banque centrale européenne est venue massivement au secours du marché des prêts interbancaires. En attendant la publication des résultats des banques, la crise de confiance sur les marchés financiers est encore en effet très forte et menace la croissance économique.

Contexte  :

Le secteur bancaire n’en finit plus de souffrir des conséquences de la crise des « subprimes ». Depuis l’été, les établissements bancaires dévoilent régulièrement de nouvelles pertes si bien que, ignorant à quel point leurs homologues sont touchés, ils refusent de se prêter mutuellement ou n’acceptent de le faire qu’à des taux très élevés.

Cette crise de liquidité sur le marché monétaire s’est encore aggravée en cette fin d’année. A quelques jours de la clôture de leurs exercices comptables, les banques cherchent en effet à reconstituer leurs réserves afin de présenter aux investisseurs des comptes renforcés.

Alors que l’impact de la crise sur la croissance se précise, la Banque centrale européenne (BCE) a vivement réagi en injectant un montant record de liquidités sur le marché monétaire.

Enjeux  :

La BCE au secours du marché interbancaire

La BCE a permis aux banques, mardi 18 décembre, d’emprunter 328,6 milliards d’euros au taux modéré de 4,21% pour éviter une paralysie totale du marché du crédit interbancaire. La Banque d’Angleterre a fait de même avec un montant de 11,35 milliard de livres.

Dans le cadre d’une initiative conjointe de la Fed, la Banque d’Angleterre, la Banque du Canada et la Banque nationale suisse pour octroyer des capitaux, cette fois-ci en dollars, au système bancaire, la BCE a également annoncé, mercredi 19, l’allocation de 10 milliards de dollars de liquidités à 28 jours à des banques de l’Eurosystème, au taux fixe de 4,65%.

Des marges de manœuvre limitées

Ces interventions viennent pallier le manque de marge de manœuvre de la BCE dans la conduite de sa politique monétaire. Loin de desserrer le crédit, la BCE se dit prête à « contrer » les fortes tensions inflationnistes, menaçant ainsi de relever ses taux directeurs. Dopée par l’envolée des prix du pétrole et de l’alimentation, l’inflation a en effet dépassé, en novembre, dans la zone euro, un niveau de 3% jamais atteint depuis six ans et bien au-dessus de la cible maximum de 2% visée par l’autorité monétaire européenne.

La situation devrait s’éclaircir et la confiance revenir progressivement sur les marchés financiers après la publication des résultats des banques. Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a ainsi affiché une confiance prudente devant la commission des affaires économiques et monétaire du Parlement européen mardi 18 décembre. Il a cependant mis en garde contre le risque de nouveaux dérapages des marchés qui « peuvent se matérialiser à tout moment ».

Le crédit immobilier touché  en France

En France, le resserrement du crédit se fait sentir sur les particuliers. Les banques se montrent beaucoup plus regardantes dans l’octroi de nouveaux prêts. D’autre part, les Français qui se sont endettés à taux variables ont vu leur durée d’emprunt s’allonger et leurs mensualités s’alourdir, si bien que l’Association française des usagers de banques a tiré la sonnette d’alarme. Le risque d’une crise de la même ampleur qu’aux États-Unis semble cependant exclu puisque, en France, la majorité des emprunts sont effectués à taux fixe et le crédit est encadré par des règles beaucoup plus protectrices pour le consommateur.

L’État, qui a mis l’amélioration du pouvoir d’achat au sommet de ses priorités, a déjà pris les choses en main. Un amendement parlementaire, soutenu par le gouvernement, a été ajouté à l’unanimité au projet de loi Chatel sur la concurrence au service des consommateurs, le 27 novembre. Il prévoit que les établissements bancaires doivent joindre à leurs offres de crédit à taux variable « un document d’information contenant une simulation de l’impact d’une variation du taux d’intérêt sur les mensualités, la durée et le coût total du crédit ».