La BCE vient une nouvelle fois au secours des banques européennes

La Banque centrale européenne a annoncé, mercredi 2 avril, avoir injecté plus de 150 milliards d’euros dans le système bancaire européen, alors que les taux du marché interbancaire continuent à refléter une pénurie de liquidités. 35 milliards de plus que ce qui était prévu initialement.

La Banque centrale européenne a annoncé, mercredi 2 avril, avoir injecté plus de 150 milliards d’euros dans le système bancaire européen, alors que les taux du marché interbancaire continuent à refléter une pénurie de liquidités. 35 milliards de plus que ce qui était prévu initialement.

Les premiers effets de cette annonce sur les marchés boursiers ont été immédiats puisqu’en France, l’indice de la  Bourse de Paris a nettement progressé à 2,23%, mardi 1er avril. Quant aux taux allemands et anglais, ils ont avoisiné les 2%.

Les soupçons de délits d’initiés chez EADS révélés par l’Autorité française des marchés financiers (AMF) et le taux d’inflation en hausse dans la zone euro n’ont donc pour le moment pas eu de conséquences négatives sur les bourses européennes.

Concrètement, ce refinancement a consisté en une allocation de 35 milliards d’euros, c’est à dire bien au-dessus du seuil fixé par la BCE pour les besoins des banques en matière de liquidités.

La technique dite du refinancement est utilisée principalement pour corriger les excès et les pénuries de liquidités.

Pour autant, si la mesure de la BCE est assez exceptionnelle, la banque a conservé sa conduite traditionnelle en ne baissant pas ses taux d’intérêts, dans le contexte d’une inflation alarmante, autour de 3,5%.

Une première intervention de ce type a déjà eu lieu le 9 août 2007, lorsque la BCE a injecté 94,8 milliards d’euros dans le système financier européen pour accroître les liquidités qui manquaient au marché, à la suite de la crise des subprimes aux États-Unis. Il s’agit de la plus grande mise à disposition de fonds faite en un seul jour par la BCE, dépassant le prêt de 69,3 milliards d’euros octroyé à la suite des attentats du 11 septembre.

La décision récente de la BCE, d’injecter des liquidités coïncide avec l’annonce, le 1er avril 2008, d’une dépréciation des produits financiers de la première banque allemande Deutsche Bank à hauteur de 2,5 milliards d’euros, pourtant jusqu’ici épargnée par la crise des subprimes.

Le même jour, la Réserve Fédérale américaine est allée beaucoup plus loin en  prenant part au sauvetage de la banque d’investissement Bear Stearns  finançant ainsi l’opération d’acquisition à raison de 30 milliards de dollars au profit de JPMorgan, en échange de titres de Bear Stearns, malgré les critiques de la commission boursière du Sénat américain.

Cette approche inhabituelle de la Fed qui, elle, a considérablement baissé ses taux d’intérêts dans un contexte de dépréciation conjoncturelle du dollar, est la conséquence directe de la crise des subprimes.

En effet, ces prêts hypothécaires immobiliers ont ébranlé les marchés financiers et conduits à la faillite de nombreux instituts bancaires et établissements de crédit.

Si la France semble peu touchée jusqu’à présent par cette crise, les effets de celle ci pourront  néanmoins survenir à plus long terme et ainsi ressembler de près à la crise de 1929. (EURACTIV.fr 02/04/08)