La Belgique devrait avoir le déficit public le plus important de la zone euro en 2023 et 2024
Selon les prévisions de la Commission européenne, la Belgique affichera le plus grand déficit budgétaire de la zone euro en 2023 et 2024 et devrait être le seul membre de la zone avec un endettement supérieur à 100 % du PIB à devoir faire face à une augmentation de sa dette sur la même période.
Selon les prévisions de la Commission européenne, la Belgique affichera le plus grand déficit budgétaire de la zone euro en 2023 et 2024 et devrait également être le seul membre de la zone avec un endettement supérieur à 100 % du PIB à devoir faire face à une augmentation de sa dette sur la même période.
Cette situation est notamment due aux mesures d’aide prises par le pays pour faire face à la hausse des coûts de l’énergie et au mécanisme d’indexation automatique des salaires, rapporte le journal L’Écho.
Le commissaire européen à l’Économie Paolo Gentiloni a par ailleurs pointé du doigt ce deuxième élément. En effet, malgré ses effets sur la compétitivité, M. Gentiloni affirme que ce n’est pas le bon moment pour modifier ce mécanisme.
Le social-démocrate italien estime que l’indexation des salaires est moins controversée dans les circonstances actuelles — compte tenu des multiples crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui — qu’elle ne l’aurait été dans des circonstances normales, car elle permet de répondre à un problème réel.
« Parce que le volet social est en ce moment plus important qu’en temps normal, dans le compromis entre le social et la compétitivité », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, M. Gentiloni estime que la Belgique ne se trouve pas dans une situation exceptionnelle, précisant qu’il n’y a pas une « distance énorme » entre les estimations de l’exécutif européen pour la Belgique et celles pour des pays voisins, comme la France.
Le commissaire européen a également rappelé que l’Union européenne encourage les États membres à limiter les dépenses extraordinaires à des mesures sur l’énergie.
En septembre dernier, lors de la présentation du budget de la Belgique, le Premier ministre belge Alexander De Croo avait annoncé que le déficit budgétaire du pays serait réduit de 1,7 milliard d’euros de plus que cela avait été prévu initialement au cours des deux prochaines années, rapporte l’agence de presse Belga.
Le gouvernement du pays a décidé de procéder à un effort budgétaire combiné de 3,6 milliards d’euros (0,6% du PIB) pour 2023 et 2024, ce qui porterait le gouvernement fédéral à un déficit structurel de 3,2 % du PIB en 2024.
Le déficit devrait ainsi atteindre plus de 17 milliards d’euros en 2023 et plus de 20 milliards d’euros en 2024. Un retour à un équilibre semble encore lointain car le gouvernement belge estime que la crise actuelle nécessite davantage de dépenses.
En octobre, à l’occasion de son discours de politique générale prononcé pour l’ouverture de l’année parlementaire, M. De Croo s’est dit préoccupé par le déficit de la Belgique, mais a prévenu que « ne laisser personne de côté implique une lourde facture pour le gouvernement ».
Répondant aux critiques concernant l’impact fiscal des mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise, le Premier ministre avait demandé : « Qu’aurions-nous dû faire alors ? […] Aurions-nous dû refuser l’aide aux travailleurs indépendants ? Aurions-nous peut-être dû laisser notre classe moyenne sur le carreau ? »
« Fermer les yeux et ne rien faire est toujours une option. Mais le coût pour notre économie et notre société serait alors beaucoup plus élevé. »
Inflation dans la zone euro
Cette annonce intervient alors que la Commission européenne a également revu ses prévisions économiques à la baisse.
L’inflation dans la zone euro devrait atteindre un pic de 8,5 % cette année avant d’enregistrer une légère baisse en 2023 (6,1 %).
En Belgique, l’exécutif européen prévoit une croissance économique de 2,8 % cette année, de 0,2 % en 2023 et de 1,5 % en 2024. L’inflation devrait culminer à 10,4 % cette année, avant de retomber à 6,2 % l’année prochaine, puis à 3,3 % en 2024.