La Chine cible les produits laitiers européens avec des droits de douane pouvant atteindre 42,7 %

La décision finale ne sera prise qu'une fois l'enquête terminée, en février.

EURACTIV.com
France, Paris, presentation of cheese shop
France, Paris, presentation of cheese shop [Credit: Westend61]

Pékin a imposé lundi une nouvelle série de droits de douane sur le secteur alimentaire de l’UE, annonçant des droits temporaires sur certains produits laitiers, notamment divers types de fromages, de lait et de crème, à partir du 23 décembre.

Après avoir imposé la semaine dernière des droits de douane pouvant atteindre 19,8 % sur les importations de porc de l’UE, le ministère chinois du Commerce a désormais appliqué des restrictions commerciales provisoires sur les produits laitiers après avoir lancé en août 2024 une enquête antisubventions sur le soutien financier accordé par l’UE aux agriculteurs.

Les nouveaux droits varient de 21,9 % à 42,7 %, mais la décision finale ne sera prise qu’après la conclusion de l’enquête en février.

Ces mesures constituent la dernière étape en date d’un conflit commercial qui s’intensifie entre Bruxelles et Pékin, les deux parties recourant de plus en plus aux droits de douane et aux enquêtes pour faire pression l’une sur l’autre.

L’enquête doit déterminer si les subventions accordées dans le cadre de la PAC, ainsi que les paiements versés par les pays de l’UE, notamment les primes pour les pratiques environnementales ou le soutien ciblé aux jeunes agriculteurs, ont faussé la concurrence et porté préjudice aux producteurs laitiers chinois.

Les autorités chinoises estiment que les conclusions préliminaires d’une enquête lancée l’année dernière montrent un lien entre les subventions de l’UE et les dommages causés à leur industrie laitière nationale.

Certains producteurs de fromage européens bien connus, notamment l’italien Zanetti, le géant laitier français Lactalis et le danois Arla, ont été frappés de droits de douane de 28,9 %, échappant ainsi au taux forfaitaire de 42 % appliqué à toutes les autres entreprises de l’UE non mentionnées dans la décision provisoire de la Chine.

Ces enquêtes, ainsi qu’une troisième sur le brandy européen, qui est soumis depuis l’été à des droits de douane pouvant atteindre 34,9 % pendant cinq ans, sont largement considérées comme une mesure de rétorsion contre les droits de douane imposés par l’UE sur les véhicules électriques chinois en janvier dernier.