La commissaire suédoise à l'Environnement se prépare à une audition difficile face au Parlement européen

La nomination de Jessika Roswall au poste de commissaire européenne à l’Environnement a été accueillie très positivement par les autorités suédoises, mais son audition de confirmation s’annonce d’ores et déjà difficile.

Euractiv.com
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Jessika Roswall est proposée comme candidate suédoise au poste de commissaire européenne à l'Environnement.

La nomination de Jessika Roswall au poste de commissaire européenne à l’Environnement a été accueillie très positivement par les autorités suédoises, mais son audition de confirmation s’annonce d’ores et déjà difficile.

Jessika Roswall (Modérés, PPE) a été proposée par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mardi 17 septembre, pour prendre en charge le portefeuille de l’Environnement au sein de la prochaine Commission européenne.

La candidate suédoise « aura pour tâche importante de contribuer à la préservation de notre environnement et à l’équilibre de la nature… de développer une économie plus durable et plus compétitive » et de « diriger les travaux sur la résilience de l’eau », a déclaré la présidente de la Commission lors de sa présentation aux journalistes.

Lors d’une brève conférence de presse mardi, l’ancienne ministre suédoise des Affaires européennes s’est dite « très heureuse » de son portefeuille, ajoutant que le poste de commissaire à l’Environnement était « quelque chose que nous demandions ».

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson (modéré, PPE) s’est également montré satisfait, notamment parce que Jessika Roswall supervisera les questions liées à la sylviculture, qu’il a qualifiées de « cruciales pour la croissance et la transition climatique de la Suède ».

Au sein de la nouvelle Commission, la commissaire suédoise travaillera en étroite collaboration avec Wopke Hoekstra, qui conserve son rôle de commissaire au Climat, et Teresa Ribera, la nouvelle vice-présidente exécutive chargée d’une Transition propre et juste.

Mais la manière dont le trio se répartira les tâches n’est pas encore clarifiée.

« Il est trop tôt pour répondre à cette question », a affirmé Jessika Roswall. « Mais j’ai vraiment hâte de travailler avec eux deux. »

Le CV de Jessika Roswall et le bilan de la Suède passés au crible

Cependant, ce n’est pas la fin du parcours pour la candidate suédoise, qui doit encore passer par l’audition de confirmation au Parlement européen.

Son manque d’expérience en matière de politique environnementale risque d’attirer l’attention des eurodéputés, a affirmé une source proche des libéraux suédois à Euractiv, tout en soulignant son attitude très professionnelle et sa capacité d’adaptation.

Pour sa part, Jessika Roswall a déclaré aux journalistes qu’elle était à l’aise avec sa connaissance du dossier : « c’est l’une des questions sur lesquelles nous avons travaillé dur pendant la présidence suédoise [du Conseil de l’UE, en 2023]. Mais il me reste beaucoup à faire pour me familiariser ».

La question du bilan environnemental de la Suède, gouvernée depuis deux ans par un Premier ministre issu de son propre parti modéré, sera peut-être plus problématique pour la candidate.

« Le fait que la Suède se soit vu confier la responsabilité du travail environnemental de l’UE est inquiétant, étant donné que le gouvernement a réduit à néant le travail environnemental du pays », a réagi l’eurodéputée verte suédoise Alice Bah Kuhnke dans une déclaration écrite.

Les opposants politiques et le Conseil suédois pour la politique climatique ont accusé le gouvernement d’Ulf Kristersson de mettre la Suède en mauvaise posture par rapport à ses objectifs climatiques pour 2030. Des mesures ont été prises récemment pour tenter de remettre le pays sur la bonne voie.

Pour Alice Bah Kuhnk, Jessika Roswall doit « donner de bonnes réponses » lors de ses auditions sur le rejet par la Suède de la loi européenne sur la restauration de la nature — que la commissaire candidate doit à présent soutenir — lors de son mandat en tant que ministre des Affaires européennes.

L’arbre qui cache la forêt

Le fait que le portefeuille de la Suédoise comprenne la sylviculture, un secteur économique crucial pour le pays, devrait également être évoqué lors de ses auditions.

Si la sylviculture reste une compétence nationale, l’Union européenne définit des lignes directrices et soutient la gestion durable des forêts par le biais d’initiatives telles que la stratégie de l’UE pour les forêts, le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) et même la Politique agricole commune (PAC).

Plus des deux tiers du territoire suédois étant couverts d’arbres, ce qui fait du pays l’un des plus grands puits de carbone de l’UE, la sylviculture est un sujet particulièrement sensible à Stockholm, où toute tentative de la part de la Commission de dicter la politique à adopter en la matière est désapprouvée.

Une fois confirmée dans ses fonctions, il appartiendra à Jessika Roswall de concilier la position de son pays avec celle de la Commission. Stockholm, par exemple, refuse toujours que ses forêts soient la variable d’ajustement européenne qui compenserait les autres pays incapables de réduire leurs émissions.

« La nomination de Jessika Roswall faisait certainement partie de l’accord pour rassurer les pays forestiers, en particulier la Suède et la Finlande », a confié une source diplomatique à Euractiv.

« Il reste à voir comment le Parlement considérera la question lors de ses auditions, en particulier si elle doit défendre une politique au niveau européen qui sera immédiatement critiquée au niveau national », a ajouté la source.

La nouvelle Commission européenne ne devrait pas entrer en fonction avant le 1er novembre (au plus tôt), mais compte tenu des retards, il est peu probable qu’elle soit confirmée avant décembre.