La Commission enquête sur le recrutement présumé d’espions à l’ambassade de Hongrie auprès de l’UE
La Commission européenne a ouvert une enquête interne après des révélations concernant le recrutement présumé d’espions depuis l’ambassade de Hongrie auprès de l’UE, à Bruxelles, alors que l’actuel commissaire à la Santé, le Hongrois Olivér Várhelyi, la dirigeait.
Jeudi 9 octobre, le média autrichien Der Standard, le quotidien belge De Tijd, le média d’investigation hongrois Direkt36, et le magazine allemand Der Spiegel ont révélé qu’un ancien diplomate hongrois, « V », aurait cherché à recruter des fonctionnaires européens pour espionner au profit de Budapest alors qu’il travaillait à l’ambassade de Hongrie auprès de l’UE, à Bruxelles, sur la politique de cohésion.
Selon ces informations, V aurait approché des fonctionnaires afin d’obtenir et de transmettre des informations confidentielles, telles que des comptes rendus de réunions, et de manipuler des documents au profit du gouvernement du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, en échange d’une rémunération.
Le supérieur hiérarchique de V était l’ambassadeur hongrois auprès de l’UE, Olivér Várhelyi, devenu commissaire européen en 2019 puis reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de cinq ans l’année dernière.
« Nous allons mettre en place un groupe interne chargé d’examiner ces allégations », a indiqué un porte-parole de la Commission aux journalistes à Bruxelles. Il n’a pas précisé si Olivér Várhelyi serait lui-même interrogé dans le cadre de l’enquête, ajoutant que rien ne suggérait que le commissaire « ait enfreint l’une de ses obligations ».
Le porte-parole a fait référence à l’article 2 du code de conduite de la Commission, qui précise que les commissaires européens doivent être choisis en fonction de leur « engagement européen » et s’abstenir de recevoir des ordres de toute autre institution ou gouvernement que la Commission.
« Je tiens à souligner une fois de plus qu’il s’agit d’allégations », a ajouté le porte-parole, précisant que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait été informée de l’affaire.
La Commission nie avoir eu connaissance de ces activités avant la nomination de Olivér Várhelyi.
Au Parlement européen, l’eurodéputé socialiste belge Elio Di Rupo (S&D) a proposé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner la question. « Si cela s’avère vrai, ce serait l’un des plus grands scandales que nous ayons jamais connus », a-t-il déclaré à ses collègues dans l’hémicycle à Strasbourg.
Nicoletta Ionta a contribué à la rédaction de cet article.
(asg)