La Commission européenne reste sceptique sur la politique budgétaire de Sarkozy
Dans son rapport d’évaluation 2007, la Commission européenne met en doute la stratégie budgétaire de la France depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy et lui demande « un renforcement considérable des efforts d’assainissement budgétaire et de réduction de son endettement ».
Dans son rapport d’évaluation 2007, la Commission européenne met en doute la stratégie budgétaire de la France depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy et lui demande « un renforcement considérable des efforts d’assainissement budgétaire et de réduction de son endettement ».
En bref :
Les discours apaisants de Nicolas Sarkozy devant le Conseil Ecofin ne semblent pas avoir eu l’effet escompté. Dans son rapport d’évaluation 2007, la Commission européenne s’inquiète de la dérive budgétaire de la France.
Scepticisme de Bruxelles
Il est expressément demandé au pays de « renforcer considérablement les efforts d’assainissement budgétaire et de réduction de son endettement ».
La nouvelle loi de programmation des finances qui vient d’être adoptée par le Sénat prévoit un déficit public de 41,783 milliards d’euros. Soit un déficit de 2,3% selon Paris. Mais la Commission dans son rapport estime qu’il se portera à 2,6%.
Toujours selon la Commission, la France n’atteindra l’équilibre budgétaire qu’en 2012, alors que la stratégie de Lisbonne lui donnait comme échéance 2010.
Dans le même sens les autorités françaises se montrent plus optimistes sur les prévisions de croissance que l’UE. Dans le « scénario central », le gouvernement maintient sa prévision de croissance « entre 2 et 2,5% pour 2008 (avec un point médian de 2,25%) et à 2,5% par an à partir de 2009 ». Bruxelles prévoit plutôt une croissance se situant autour de 2%.
Des réformes de longue haleine
La Commission européenne se veut aussi réservée sur les réformes entreprises en France. Selon elle, elles pourraient « à long terme améliorer la viabilité des finances publiques », mais pour le moment elles « entraînent des coûts importants ». On pense immédiatement aux cadeaux fiscaux de l’été 2007.
Les conclusions du rapport sont sans équivoque envers la France qui « n’est pas parvenue à réduire la segmentation de son marché du travail ». Concernant l’application de la libéralisation des différents marchés, elle ne serait que « limitée ». La Commission pointe en outre du doigt les professions réglementées en demandant leur libéralisation. Concernant l’apprentissage tout au long de la vie, elle relève aussi le manque d’évolution positive.
Face à cette situation, la Commission demande à la France de réagir en prenant « de nouvelles mesures énergiques ou de longue haleine ».
Relance de Lisbonne
Toutes ces réflexions interviennent dans le cadre du suivi de la stratégie de Lisbonne. Après cinq ans de résultats mitigés, les dirigeants européens avaient, en mars 2005, relancé le processus de Lisbonne, qui doit faire de l’Union européenne l’économie de la connaissance la plus compétitive au monde d’ici 2010.
Le nouvel élan de Lisbonne repose sur deux piliers : une meilleure connexion entre la croissance et l’emploi, transférant plus de souplesse d’action aux États membres, par l’intermédiaire de plans nationaux.
D’après la Commission, malgré une nette amélioration des résultats ces deux dernières années, les gouvernements de l’UE devront se concentrer davantage pour « investir dans le capital humain ». Ils devront également « libérer le potentiel de croissance des PME » dans les trois prochaines années s’ils veulent faire face au défi concurrentiel de la mondialisation.
Mais le rapport précise bien que « tous les États membres n’ont pas entrepris les réformes avec la même détermination ». Et la Commission suggère aux gouvernements toute une série de nouveaux objectifs (voir EURACTIV.com).