La Commission lance son nouveau programme d'innovation pour stimuler l'écosystème des startups dans l'UE

La Commission a publié mardi (5 juin) son nouvel agenda européen de l’innovation, qui définit cinq grands axes par lesquels elle cherchera à stimuler l’investissement dans les technologies de pointe et l’innovation au sein de l’UE.

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Annoncés par la commissaire à la Recherche et à l’Innovation, Mariya Gabriel, les cinq domaines comprennent l’attraction de talents, l’élaboration de politiques et la résolution de l’écart de développement, et visent à favoriser un environnement de soutien plus complet pour les startups en Europe. [Shutterstock / xtock]

La Commission a publié mardi (5 juillet) son nouvel agenda européen de l’innovation, qui définit cinq grands axes par lesquels elle cherchera à stimuler l’investissement dans les technologies de pointe et l’innovation au sein de l’UE.

Annoncés par la commissaire à la Recherche et à l’Innovation, Mariya Gabriel, les cinq domaines comprennent l’attraction de talents, l’élaboration de politiques et la résolution de l’écart de développement, et visent à favoriser un environnement de soutien plus complet pour les startups en Europe.

« L’innovation est une priorité pour l’UE, alors soyons audacieux », a déclaré Mme Gabriel. « Nous devons permettre aux startups de franchir la “vallée de la mort” en matière de financement afin qu’elles puissent se développer et devenir des leaders dans leur domaine. »

Selon une étude de Stripe, publiée cette semaine, les startups considèrent généralement l’environnement d’innovation européen comme attrayant en raison de facteurs tels que la disponibilité des talents et la proximité géographique des marchés.

Toutefois, en termes de facilité d’exploitation, beaucoup considèrent que la réglementation de l’UE provoque des frictions inutiles et impose des charges administratives et de conformité importantes aux entreprises, 53 % des personnes interrogées citant le temps passé à ce sujet comme la plus grande menace pour leur activité.

Les « scale-up »

Le premier pilier du plan, axé sur le financement des « scale-up » (les startups déjà bien établies), vise à mobiliser des ressources pour les startups deeptech qui cherchent à se développer. Si l’Europe est la région qui connaît la croissance la plus rapide en matière d’investissement en capital privé, le plan note que le volume des entreprises technologiques en phase de démarrage et leur financement sont considérablement inférieurs à ceux des États-Unis et de la Chine.

Le principal organe de l’UE chargé du financement des startups, le Conseil européen de l’innovation (CEI), a été lancé dans le cadre du programme « Horizon Europe » l’année dernière, mais a connu de nombreux problèmes.

Les entreprises ont notamment connu des retards importants dans la réception des fonds qui leur avaient été accordés. En conséquence, l’organisation en difficulté fait maintenant l’objet d’une enquête parlementaire lancée le mois dernier par le député européen conservateur Christian Ehler.

La Commission propose plusieurs mesures visant à libérer des capitaux supplémentaires afin de combler le fossé qui sépare l’Europe des autres régions en matière d’expansion.

Il s’agit notamment de la création d’une franchise pour la réduction des incitations fiscales favorisant l’endettement (DEBRA) sur l’impôt sur les sociétés, qui, selon l’exécutif européen, élargirait la disponibilité et allégerait le coût des nouveaux capitaux propres pour les entreprises, en particulier les PME.

Avant la fin de l’année, la Commission proposera également une loi sur la cotation visant à réduire les exigences en matière de cotation pour certaines entreprises afin de diminuer les coûts et d’accroître la sécurité juridique des émetteurs.

Expérimentation

La deuxième action vise à créer des espaces pour l’innovation et l’expérimentation, notamment par la création de bacs à sable réglementaires (« regulatory sandboxes ») et de bancs d’essai permettant aux innovateurs de développer des technologies de rupture dans un plus large panel de secteurs. Ainsi, un nouveau banc d’essai d’innovation ouverte dans le domaine de l’hydrogène renouvelable sera lancé par la Commission l’année prochaine.

Une nouvelle règle proposée dans l’encadrement des aides d’État à la recherche, au développement et à l’innovation permettrait également aux pays de l’UE d’accorder des aides pour la création et l’amélioration des infrastructures d’innovation, telles que les installations de test et d’expérimentation.

Écosystèmes d’innovation

Dans le cadre de ce plan, la Commission prendra également des mesures pour développer un écosystème d’innovation paneuropéen comprenant des systèmes régionaux interconnectés travaillant sur plusieurs projets liés aux deeptech.

La collaboration interrégionale entre les zones les plus et les moins innovantes sera en partie soutenue financièrement par l’UE, grâce au financement d’Horizon Europe, ce qui conduira à la désignation de « vallées régionales de l’innovation ».

La Commission va également créer une plateforme basée sur l’IA, « Innospace », pour le partage des connaissances, des contacts et des résultats de la recherche. Un certain nombre de startups spécialisées dans les deep tech, qui travaillent déjà avec l’EIC ou d’autres programmes de l’UE, bénéficieront d’un soutien renforcé pour poursuivre le développement de leurs travaux.

Cibler de nouveaux talents

Le quatrième domaine d’action du plan vise à cultiver, à développer et à retenir les talents de la deeptech en Europe, principalement par l’intermédiaire de l’Institut européen d’innovation et de technologie (IET), qui étendra ses programmes pour cibler un million de talents dans les États membres de l’UE d’ici 2025.

L’IET, en collaboration avec l’EIC, lancera également l’année prochaine un programme de stages en innovation, grâce auquel des chercheurs et des étudiants pourront travailler dans les startups bénéficiant d’un financement de l’EIC. Des programmes ciblés viseront également à stimuler la participation des femmes dans le secteur.

Ces programmes s’appuieront sur les objectifs de compétences existants fixés par la Commission dans le cadre des objectifs de la « Décennie numérique », visant à ce que 80 % de la population de l’UE dispose de compétences numériques de base et que 20 millions de spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC) aient été formés d’ici à 2030. Des craintes ont toutefois été exprimées quant au fait que l’UE risque de ne pas atteindre ces objectifs sans une intensification substantielle et rapide du développement numérique.

Élaboration des politiques

Le cinquième et dernier pilier de la stratégie porte sur la création d’un cadre politique plus favorable à l’innovation.

Parmi les propositions faites dans ce domaine, il est prévu de développer des définitions communes et une base plus solide de données pour la politique et de renforcer le rôle du forum du Conseil européen de l’innovation pour faciliter le partage des meilleures pratiques et la coordination de l’innovation politique dans toute l’UE.