La Commission met de l’eau dans son vin sur la réforme du secteur vinicole
Après trois jours de négociations, les ministres de l’Agriculture ont adopté un paquet de réforme concernant le secteur vinicole européen. Le compromis modère l’importante modernisation prévue par la Commission. Ce changement de cap est entre autres lié à des pressions fortes de l’Italie et de la France. Moins de vignobles seront défrichés et le surplus continuera à être distillé en alcool.
Après trois jours de négociations, les ministres de l’Agriculture ont adopté un paquet de réforme concernant le secteur vinicole européen. Le compromis modère l’importante modernisation prévue par la Commission. Ce changement de cap est entre autres lié à des pressions fortes de l’Italie et de la France. Moins de vignobles seront défrichés et le surplus continuera à être distillé en alcool.
En bref :
Les ministres des pays cultivateurs de vin de l’UE sont parvenus, mercredi 19 décembre, à un accord sur la réforme du secteur vinicole en Europe. La France, premier pays producteur de vin en Europe, est particulièrement concernée par ce dossier (Lire EURACTIV.fr 19/12/07). La réforme sur laquelle les États membres se sont mis d’accord vise notamment à garantir que les pratiques controversées comme la « chaptalisation » (utiliser du sucre ou du moût pour ajouter de la suavité et de l’alcool), continue à être autorisée.
Enveloppes nationales : Différents budgets, adaptés aux besoins de chaque État membre pour mener à bien la réforme, ont été négociés. Les ressources nécessaires pour toutes les mesures contenues dans la réforme du vin doivent être prélevées dans ces budgets. Ces mesures comprennent la restructuration et la conversion des vignobles, la modernisation des chaînes de production, l’innovation, les actions de promotion dans les pays tiers, de nouvelles mesures de gestion de crises et une aide aux récoltes en vert.
Arrachage : Au lieu des projets de la Commission visant à réduire la zone d’arrachage dans l’UE à 400 000 hectares, le système défini par les ministres inclut le financement permettant l’arrachage d’à peine 175 000 hectares. Ce système est prévu sur une période de trois ans, avec des primes dégressives, et les États membres pourront mettre un terme à l’arrachage si la superficie concernée dépasse 8% de la surface totale de vigne d’une région.
Etiquetage : L’harmonisation générale des pratiques d’étiquetage à travers l’UE, telle qu’elle était prévue par la Commission, n’aura pas lieu. Les indications géographiques protégées et les appellations d’origine contrôlée restent au cœur des pratiques d’étiquetage européennes, mais les producteurs de vin qui ne les utilisent pas pourront, à l’avenir, porter la mention du cépage et l’année de récolte sur l’étiquette.
Chaptalisation : Les niveaux d’enrichissement de l’alcool obtenu par ajout de sucre ou de moût seront légèrement réduits, mais la pratique restera autorisée dans les États membres et les régions où elle est maintenant légale. L’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie étaient opposées au plan de Mariann Fischer-Boel consistant à interdire la pratique dans l’UE.
Distillation : La technique d’utilisation du surplus de vin – souvent de moins bonne qualité – que les producteurs ne peuvent pas vendre sur le marché, mais qui peut encore être distillé en alcool pour l’utilisation industrielle, sera abandonnée d’ici 4 ans. La distillation de la Pomace pourra être imposée par les États membres mais ne sera pas obligatoire dans l’UE, comme cela avait été proposé par la Commission.
La commissaire Fischer-Boel a accueilli positivement l’issue des négociations : « Plutôt que de dépenser une bonne part de notre budget à nous débarrasser des excédents, nous allons pouvoir nous focaliser sur les défis de la concurrence et la reconquête de parts de marché. Nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions, mais nous sommes parvenus à un accord équilibré ».
De son côté, le ministre français de l’Agriculture s’est montré satisfait de la réforme indiquant qu’il s’était « battu pour sauver les outils de régulation ».